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Espèces sauvages candidates Illustration


2 septembre 2010




Partie 1 : Aperçu


Partie 2 : Les listes des espèces candidates des sous-comités de spécialistes des espèces (SSE)

Amphibiens
Arthropodes
Lichens
Mammifères (marins)
Mammifères (terrestres)
Mollusques
Mousses
Oiseaux
Plantes vasculaires
Poissons (d'eau douce)
Poissons (marins)
Reptiles

Partie 3 : La Liste des espèces candidates du COSEPAC


Partie 1 : Aperçu

Beaucoup d'espèces au Canada n'ont pas encore été évaluées par le COSEPAC, bien que l'on craigne qu'elles soient menacées de disparition du pays ou de la planète. Ces espèces, auxquelles on réfère comme étant des « espèces sauvages candidates », sont désignées par les sous-comités de spécialistes des espèces (SSE) ou par le sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones (CTA) comme candidates pour une évaluation détaillée de leur situation. Les espèces sauvages déjà évaluées par le COSEPAC comme étant dans les catégories « non en péril » ou « données insuffisantes » peuvent également être considérées comme espèces sauvages candidates si de nouvelles informations indiquent qu’elles courent un risque d’être en péril.

Les membres des SSE et du sous-comité des CTA utilisent leurs connaissances spécialisées et leur jugement pour identifier des espèces sauvages candidates. Ils font appel à plusieurs sources d’information, y compris (quand disponible) le classement des espèces sous le Programme sur la situation générale des espèces sauvages au Canada, le système de classement des espèces par NatureServe, des informations provenant de programmes de surveillance des espèces au niveau des compétences ainsi que divers processus internationaux d'évaluation (UICN et ABI, par exemple). Autant que le temps et les ressources le permettent, le COSEPAC fait préparer des rapports de situation pour les espèces sauvages candidates prioritaires afin qu'une évaluation soit faite.

Les rapports de situation sont commandés par le COSEPAC par le truchement d'un concours ouvert. Un appel d'offres est affiché périodiquement sur ce site Web à la fois pour les espèces sauvages candidates choisies et pour les espèces sauvages déjà évaluées par le COSEPAC nécessitant une réévaluation. Inscrivez-vous pour recevoir les avis de nouveaux appels d'offres dès leur diffusion sur le site Web.

Pour plus de renseignements sur les espèces sauvages candidates, visitez le Processus et critères d'évaluation du COSEPAC.


Les listes des espèces candidates des sous-comités de spécialistes des espèces (SSE)

Chaque SSE dresse et met à jour chaque année une liste d’espèces sauvages candidates qu’il considère menacées de disparition du pays ou de la planète. Les espèces sauvages figurant sur la liste des espèces candidates des SSE sont classées en trois groupes prioritaires par les SSE afin de refléter l'urgence relative selon laquelle le COSEPAC devrait effectuer l'évaluation de chaque espèce sauvage. Le groupe 1 regroupe les espèces sauvages qui ont la priorité d'évaluation par le COSEPAC la plus élevée et comprend les espèces sauvages que l’on soupçonne disparues du pays. Les groupes 2 et 3 regroupent des espèces sauvages de priorité intermédiaire et inférieure, respectivement, en ce qui a trait à leur évaluation par le COSEPAC. Les raisons d'être pour l'inclusion d'espèces à la liste des espèces candidates des SSE diffèrent entre les groupes taxinomiques considérés par le COSEPAC, reflétant ainsi les vastes différences de leur cycle de vie et les différences quant à nos connaissances au sujet de ces espèces.

Les espèces sauvages candidates incluses dans les listes des espèces candidates des SSE sont inscrites à la Partie 2. Notez que les provinces ou les territoires marqués d'un † représentent l’endroit où l'espèce est particulièrement en péril. Notez également que les espèces marquées d'un * seront incluses dans le prochain appel d’offres.


La Liste des espèces candidates du COSEPAC

Les espèces hautement prioritaires inscrites aux listes des espèces candidates des SSE sont examinées et classées par le COSEPAC, et sont inscrites en conséquence à la Liste des espèces candidates du COSEPAC. Le COSEPAC fonde son classement sur des données d'établissement des priorités soumises par chaque SSE (Critères d'établissement des priorités élaborés par le COSEPAC pour classer les espèces sauvages). La Liste des espèces candidates du COSEPAC identifie les espèces sauvages candidates hautement prioritaires nécessitant un rapport de situation. Les espèces inscrites sur cette Liste incluent celles qui n’ont pas encore été évaluées par le COSEPAC et celles dans les catégories « non en péril » ou « données insuffisantes », si de nouvelles informations indiquent qu’elles courent un risque d’être en péril.

Les espèces sauvages candidates incluses dans la Liste des d’espèces candidates du COSEPAC, ainsi que les justifications pour leur inclusion sont inscrites à la Partie 3. Notez que les espèces marquées d'un * seront incluses dans le prochain appel d’offres.

Notez que les espèces sauvages marquées par un astérisque (*) seront incluses dans l'appel d’offres de l'automne 2010, alors que celles marquées par deux astérisques (**) seront incluses dans l'appel d'offres de l'automne 2011.



Partie 2 : Les listes des espèces candidates des sous-comités de spécialistes des espèces (SSE)

Nom scientifique

Nom commun

Occurrence au Canada

Amphibiens (27)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Ambystoma gracile

Salamandre foncée

BC

Aneides vagrans *

Salamandre errante

BC

Hyla chrysoscelis

Rainette criarde

MB

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Ambystoma maculatum

Salamandre maculée

MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Bufo hemiophrys

Crapaud du Canada

NT, AB, SK, MB

Ensatina eschscholtzii

Salamandre variable

BC

Hyla versicolor

Rainette crucifère

MB, ON, QC, NB, NS, PE

Lithobates catesbeianus

Ouaouaron

ON, QC, NB, NS, PE

Lithobates septentrionalis

Grenouille du Nord

ON, QC, NB, NS, PE

Necturus maculosus

Necture tacheté

MB, ON, QC

Notophthalmus viridescens viridescens

Triton vert

ON, QC, NB, NS, PE, NL

Plethodon cinereus

Salamandre cendrée

ON, QC, NB, NS, PE

Rana luteiventris

Grenouille maculée de Columbia

YT, BC, AB

Rana palustris

Grenouille des marais

ON, QC, NB, NS

Spea bombifrons

Crapaud des plaines

AB, SK, MB

Taricha granulosa

Triton rugueux

BC

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Ambystoma laterale

Salamandre à points bleus

MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Ambystoma macrodactylum

Salamandre à longs doigts

BC, AB

Anaxyrus americanus

Crapaud d'Amérique

NU, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Eurycea bislineata

Salamandre à deux lignes

ON, QC, NL

Hemidactylium scutatum

Salamandre à quatre doigts

ON, QC, NB, NS

Lithobates clamitans

Grenouille verte

ON, QC, NB, NS, PE

Lithobates sylvaticus

Grenouille des bois

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Plethodon vehiculum

Salamandre à dos rayé

BC

Pseudacris crucifer

Rainette crucifère

MB, ON, QC, NB, NS, PE

Pseudacris maculata

Rainette faux-grillon boréale

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC

Pseudacris regilla

Rainette du Pacifique

BC

Arthropodes (79)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Argia vivida

 

BC, AB

Bembidion lachnophoroides

 

AB

Bombus ashtoni *

 

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Campsomeris pilipes

 

BC

Coccinella novemnotata

Coccinelle à neuf points

BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE

Ephemera guttulata

 

ON, QC, NB, NS, PE, NL

Hemileuca nuttalli

 

BC

Hesperia colorado oregonia *

Hespérie du Colorado

BC

Hexura picea

 

BC

Hydroporus carri

Hydropore de Carr

AB

Ips woodi

 

BC, AB

Megathymus streckeri

 

AB

Metrius contractus contractus

 

BC

Octogomphus specularis

 

BC

Omus audouini **

Cicindèle d’Audouin

BC

Psilochorus hesperus **

[Araignée de la famille des Pholcidés]

BC

Sphodros niger

 

ON

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Agabus margaretae

 

AB, SK

Anisota manitobensis

 

MB

Arctia brachyptera

 

YT

Bombus fervidus

 

ON

Coleotechnites lewisi

 

AB

Dicromantispa sayi

 

ON

Erythrodiplax berenice

 

NS

Euphydryas anicia bernadetta

Damier anicia

AB, SK

Euphydryas editha hutchinsi

Damier d'Édith

AB, SK

Gomphus abbreviatus

 

NB, NS

Hemileuca nevadensis

 

SK, MB, AB

Lasiopogon pacificus

 

BC

Microhexura idahoana

 

BC

Nicocles rufus

 

BC

Rhionaeschna mutata

Aeschne des nénuphars

ON, NS

Speyeria mormonia

Argynne mormone

BC

Stichopogon fragilis

 

BC

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Agabus immaturus

 

NB

Anacampsis lupinella

 

ON

Antrodiaetus cerberus

 

BC

Areniscythris saskatchewan

 

SK

Callophrys johnsoni

Porte-queue de Johnson

BC

Callophrys mossii

Lutin de Moss

BC

Carabus vinctus

 

 

Celithemis martha

 

NB, NS

Chlosyne hoffmanni

Damier de Hoffmann

BC

Cicindela cuprascens

 

MB

Cicindela hirticollis athabascensis Graves

Cicindèle à ligne obtuse

AB, SK

Cicindela hirticollis couleensis

Cicindèle à ligne obtuse

BC, AB

Cicindela hirticollis rhodensis

Cicindèle à ligne obtuse

ON, QC, NB, NS, NL

Cicindela hirticollis shelfordi

Cicindèle à ligne obtuse

AB, SK, MB

Cicindela lepida

Cicindèle blanche

AB, SK, MB

Coleophora manitoba

 

MB

Coleophora ramitella

 

ON

Coreorgonal petulcus

 

BC

Cupido comyntas

Bleu porte-queue de l'Est (Population de la Colombie-Britannique)

BC

Dicaelus purpuratus

 

ON

Erora laeta

Lutin mystérieux

ON, QC, NB, NS, PE

Erynnis propertius

Hespérie Propertius

BC

Euphilotes ancilla

Bleu tacheté des Rocheuses

AB, SK

Geolycosa spp.

 

AB, SK, MB, ON, QC

Heterosternuta allegheniansus

 

QC, NB

Heterosternuta chocheconis

 

QC, NB

Hydrocollis filiolus

 

QC, NB

Lycaena editha

 

BC, AB

Neoporus blanchardi

 

NS

Neoporus dilatatus

 

ON, QC, NB, NS

Neoporus tennetum

 

ON

Neurocordulia michaeli

 

ON, NB

Oeneis bore gaspeensis

 

QC

Okanagana synodica

 

AB

Papilio machaon pikei

Machaon

AB, BC

Pardosa pedia

 

SK

Polites sabuleti

Hespérie des dunes

BC

Schizocosa cespitum

 

SK

Siphlonica aerodromia

 

QC, NB, NS, NL

Speyeria egleis

 

AB

Speyeria zerene bremnerii

 

BC

Strictotarsus minipi

 

NL

Stylurus plagiatus

 

ON

Tachysphex pechumani

 

ON

Usofila pacifica

 

BC

Lichens (5)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Anzia colpodes

 

ON, QC, NB, NS, PE

Pannaria lurida

 

NB, NS, NL

Peltigera hydrothyria *

Peltigère évantail d'eau

BC, QC, NB, NS

Ramalina sinensis

 

BC, MB

Sticta limbata

 

BC, NB, NS

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Mammifères (marins) (8)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Odobenus rosmarus rosmarus **

Morse de l’Atlantique

NU, MB, QC, NS, NL

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Pusa hispida

Phoque annelé

NT, NU, Océan arctique

Ziphius cavirostris

Baleine à bec de Cuvier

Océan pacifique, Océan atlantique

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Cystophora cristata

Phoque à capuchon

Océan arctique, Océan atlantique

Lagenorhynchus obliquidens

Dauphin à flancs blancs du Pacifique

Océan pacifique

Mirounga angustirostris

Éléphant de mer

BC, Océan pacifique

Phoca groenlandica

Phoque du Groenland

Océan arctique, Océan atlantique

Physeter macrocephalus

Cachalot macrocéphale

Océan pacifique, Océan atlantique

Mammifères (terrestres) (2)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Puma concolor couguar

Couguar de l'Est

ON, QC, NB, NS

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Perognathus parvus

Souris à abajoues des pinèdes

BC

Mollusques (40)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Allogona profunda **

 

ON

Fisherola nuttalli *

 

BC

Micromenetus dilatatus

 

NS

Obliquaria reflexa *

Obliquaire à trois cornes

ON

Staala gwaii *

Limace de Gwaii Haanas

BC

Toxolasma parvum *

Toxolasme nain

ON

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Anguispira kochi kochi

 

ON

Birgella subglobosa

 

MB, ON, QC

Fluminicola fuscus

 

BC

Inflectarius inflectus

 

ON

Kootenaia burkei

 

BC

Mesodon clausus

 

ON

Physella gyrina athearni

Physelle émoussée albinos

AB

Physella nuttalli

Physelle de Nuttall

BC

Pisidium cruciatum

Pisidie sculptée

ON

Planorbella corpulenta corpulenta

 

MB

Planorbella corpulenta whiteavesi

 

MB, ON

Solemya borealis

 

Océan atlantique

Stagnicola kennicotti

Stagnicole de l’Arctique occidental occidental

NT, NU

Valvata sincera ontariensis

Valvée scalariforme

ON

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Gastrocopta corticaria

 

ON, QC, NB

Glyphyalinia luticola

 

ON

Helisoma anceps royalense

 

MB, ON

Lasmigona costata

Lasmigone cannelée

MB, ON, QC

Leptodea ochracea

 

NB, NS

Margaritifera margaritifera

Mulette perlière de l’Est

QC, NB, NS, PE, NL

Megapallifera mutabilis

 

ON

Physella columbiana

 

BC

Physella concolor

Physelle de Haldeman

BC

Physella hordacea

Physe de l’île de Vancouver

BC

Physella latchfordi

 

ON, QC

Physella lordi

 

BC, AB

Pisidium insigne

Pisidie minuscule

BC, AB, ON, PE

Pomatiopsis lapidaria

 

ON

Quadrula pustulosa

Mulette pustulée

ON

Stagnicola montanensis

 

AB

Stagnicola walkeriana

Stagnicole de Walker occidental occidental

ON

Stagnicola woodruffi

Stagnicole de Woodruff

ON

Truncilla truncata

Troncille doigt-de-cerf

ON

Valvata perdepressa

Valvée déprimée

ON

Mousses (6)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Brachydontium olympicum **

 

BC

Buxbaumia minakatae

 

ON, NS, NL

Crossidium seriatum **

 

BC

Gollania turgens **

 

YT, BC

Seligeria careyana *

 

BC

Tortula scotterii

 

NT, BC

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Oiseaux (23)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Aechmophorus occidentalis **

Grèbe élégant

BC, AB, SK, MB

Coccothraustes vespertinus

Gros-bec errant

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Contopus virens *

Pioui de l'Est

SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE

Hylocichla mustelina *

Grive des bois

ON, QC, NB, NS

Phalaropus lobatus **

Phalarope à bec étroit

YT, NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, NL

Ptychoramphus aleuticus **

Starique de Cassin

BC

Riparia riparia *

Hirondelle de rivage

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Ammodramus savannarum

Bruant sauterelle

BC, AB, SK, MB, ON, QC

Arenaria interpres morinella

Tournepierre à collier, sous-espèce morinella

YT, NT, NU

Catharus minimus minimus

Grive à joues grises de la sous-espèces minimus

NL

Falco sparverius

Crécerelle d'Amérique

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Megaceryle alcyon

Martin-pêcheur d'Amérique

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Spizella pusilla

Bruant des champs

SK, ON, QC

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Aythya affinis

Petit fuligule

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, NL

Aythya marila

Fuligule milouinan

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Charadrius vociferus

Pluvier kildir

YT, NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Phalaropus fulicarius

Phalarope à bec large

YT, NT, NU, BC, MB, ON, QC, NB, NS, NL

Pluvialis dominica

Pluvier bronzé

YT, NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Pluvialis squatarola cynosura

Pluvier argenté, sous-espèce cynosura

NT, NU

Poecile hudsonica

Mésange à tête brune

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Somateria spectabilis

Eider à tête grise

YT, NT, NU, MB, ON, QC, NB, NL

Tyrannus tyrannus

Tyran tritri

NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE

Zonotrichia querula

Bruant à face noire

NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON

Plantes vasculaires

Une liste plus exhaustive des espèces candidates de plantes vasculaires comportant plus de 800 plantes, groupées en deux classes prioritaires, est maintenant disponible pour tous sous forme d'un fichier Excel ou html, sous le lien suivant (Liste provisoire des espèces candidates de plantes vasculaires). Cette liste est fournie bien qu'il s’agisse d’une copie de travail qui sera modifiée au besoin. La préparation de cette liste des espèces inclut de l'information provenant du processus de revue sur la situation générale des espèces sauvages au Canada, processus qui implique les compétences fédérales, provinciales et territoriales.(dernière mise à jour, mai 2005).

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Arnica griscomii **

Arnica de Griscom

QC, NL

Braya pilosa *

Braya poilu

NT

Cistanthe tweedyi **

Cistanthe de Tweedy

BC

Micranthes spicata *

Saxifrage à épis

YT

Podistera yukonensis **

Podistère du Yukon

YT

Symphyotrichum nahanniense *

Aster de Nahanni

NT

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Poissons (d'eau douce) (33)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Acrocheilus alutaceus

bouche coupante

BC†

Coregonus pidschian

corégone bossu

YT†

Hybognathus hankinsoni

Méné laiton

BC†, AB, SK†, MB, ON, QC†

Lepomis megalotis

crapet à longues oreilles

ON†, QC†

Moxostoma erythrurum

chevalier doré

MB†, ON

Oncorhynchus mykiss **

Truite arc-en-ciel (Populations de l'Alberta)

AB† (population indigène de l'Alberta (AB) considérée comme unité désignable (UD) seulement.)

Percina shumardi

Dard de rivière

MB†, ON†

Pimephales notatus

ventre-pourri

MB†, ON, QC

Prosopium coulterii

Ménomini pygmée

YT†, NT, BC, AB†

Stenodus leucichthys

inconnu

YT, NT†, BC†

Thymallus arcticus

Ombre arctique

YT†, NT†, NU†, BC†, AB†, SK, MB

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Ameiurus natilis

Barbotte jaune

ON, QC†

Carpiodes cyprinus

couette

AB†, SK†, MB†, ON, QC†

Coregonus artedi

Cisco de lac

NT, NU, BC†, AB, SK, MB, ON, QC (population de la Colombie-Britannique (BC) considérée comme unité désignable (UD) distincte seulement.)

Coregonus autumnalis

Cisco arctique

YT, NT†, NU†, BC†

Coregonus nasus

Corégone tschir

YT, NT, NU, BC†

Coregonus sardinella

Cisco sardinelle

YT, NT†, NU†, BC†

Coregonus sp.

corégone de l'Opéongo

ON†

Cottus cognatus

chabot visqueux

YT, NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE†, NL (population de l'Iîle du Prince-Édouard (PE) considérée comme unité désignable (UD) seulement.)

Esox niger

brochet maillé

QC†

Etheostoma caeruleum

Dard arc-en-ciel

ON, QC†

Hybognathus regius

méné d'argent

ON†, QC

Lepomis macrochirus

Crapet arlequin

MB†, ON, QC

Moxostoma anisurum

chevalier blanc

AB, SK†, MB, ON, QC†

Moxostoma valenciennesi

Chevalier jaune

ON†, QC†

Nocomis biguttatus

Tête à taches rouges

MB†, ON

Notropis blennius

Méné de rivière

AB†, SK†, MB†

Notropis buchanani

méné fantôme

ON†

Notropis heterodon

menton noir

MB†, ON, QC

Notropis rubellus

tête rose

ON, QC†

Noturus flavus

Barbotte des rapides

AB, SK†, MB, ON, QC†

Noturus miurus

chat-fou tacheté

ON†

Ptychocheilus oregonensis

Sauvagesse du Nord

BC†, AB†

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Poissons (marins) (18)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Oncorhynchus mykiss

 

BC

Oncorhynchus nerka

saumon rouge

YT, BC

Oncorhynchus tshawytscha

Saumon chinook

YT, BC, Océan pacifique

Zoarces americanus

 

NS, NL

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Alosa pseudoharengus

Gaspereau

Océan atlantique

Alosa sapidissima

alose savoureuse

BC, QC, NB, NS, NL, Océan pacifique, Océan atlantique

Bathyraja spinicauda

 

NU, NS, NL, Océan atlantique

Hypomesus pretiosus

Éperlan argenté

BC, Océan pacifique

Mallotus villosus

Capelan

Océan atlantique

Melanogrammus aeglefinus

Aiglefin

Océan atlantique

Notacanthus chemnitzi

Tapir à grandes écailles

Océan atlantique

Oncorhynchus gorbuscha

Saumon rose

BC, Océan pacifique

Oncorhynchus keta

Saumon kéta

BC, Océan pacifique

Oncorhynchus kisutch

Saumon coho

BC, Océan pacifique

Pollachius virens

Goberge

NB, NS, NL, Océan atlantique

Sebastes entomelas

Veuve

BC, Océan pacifique

Sebastes flavidus

Sébaste à queue jaune

BC, Océan pacifique

Sebastolobus alascanus

Sébastolobe à courtes épines

BC, Océan pacifique

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Reptiles (16)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Chrysemys picta marginata

Tortue peinte du centre

ON, QC

Chrysemys picta picta

Tortue peinte de l'est

NB, NS, PE

Nerodia sipedon sipedon

Couleuvre d'eau

ON, QC

Storeria dekayi

Couleuvre brune

ON, QC

Terrapene carolina **

Tortue tabatière

ON

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Diadophis punctatus

Couleuvre à collier

MB, ON, QC, NB, NS

Opheodrys vernalis

Couleuvre verte

SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE

Pituophis catenifer sayi

Couleuvre à nez mince des Prairies

AB, SK

Thamnophis radix

Couleuvre des plaines

AB, SK, MB

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Chelonia mydas

Tortue verte

Océan pacifique

Elgaria coerulea

Lézard alligator du Nord

BC

Lepidochelys kempii

Tortue de Ridley

NS, Océan atlantique

Storeria occipitomaculata

Couleuvre à ventre rouge

MB, ON, QC, NB, NS

Thamnophis elegans

Couleuvre de l'ouest

BC, AB

Thamnophis ordinoides

Couleuvre du Nord-Ouest

BC

Thamnophis sirtalis

Couleuvre rayée

NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS




Partie 3 : La Liste des espèces candidates du COSEPAC

Espèces sauvages candidates

Justification

Amphibiens

Aneides vagrans *
Salamandre errante
BC

La salamandre errante (Aneides vagrans) est une salamandre terrestre ou arboricole de la famille des Pléthodontidés. L’aire de répartition canadienne de la salamandre errante est très petite et se limite aux forêts à faible altitude de l’île de Vancouver et des petites îles voisines au large, où son habitat est menacé par l’aménagement résidentiel et l’exploitation forestière (Davis et Gregory, 1993). Comme c’est le cas pour les autres salamandres pléthodontides, la salamandre errante n’a pas de poumons et respire à travers sa peau humide (respiration cutanée). C’est pourquoi elle ne peut habiter que dans les micromilieux humides. Lorsque les conditions sont humides et en présence de débris grossiers convenables, la salamandre peut survivre dans les aires de coupe (Stemock et Harestad, 1979). Cependant, sa dépendance envers les micromilieux spécialisés, à savoir sous l’écorce arrachée ou dans les crevasses des grumes partiellement pourries, accentue sa vulnérabilité. Les salamandres recherchent ces micromilieux pour fuir les prédateurs et les conditions météorologiques défavorables ainsi que pour la reproduction, qui a souvent lieu dans les grosses grumes de plus de 50 cm de diamètre (Davis, 2002, 2003). Une fois les vieilles grosses grumes décomposées, il est peu probable qu’on en trouvera d’autres, parce que les arbres n’auront pas le temps de devenir assez gros à cause des cycles de rotation courts d’exploitation forestière, qui prédominent. Les sécheresses prolongées de l’été associées aux changements climatiques vont probablement continuer à dégrader les milieux propices aux salamandres. 
 
i. Niveau taxinomique : Espèce. On a distingué l’espèce Aneides vagrans de l’espèce Aneides ferreus en 1998, en prenant les caryotypes, les allozymes et l’ADN mitochondrial comme preuves (Wake et Jackman 1998). Jackman 1998 laisse entendre qu’il est possible que l’espèce ait été introduite par mégarde sur l’île de Vancouver par le biais de cargaisons d’écorce de chêne, provenant de la Californie, destinées aux tanneries, à la fin du XIXe siècle. L’article constate néanmoins que cette hypothèse ne permet pas d’expliquer la répartition étendue de l’espèce sur l’île de Vancouver et sur un grand nombre d’îles au large par la dispersion naturelle à partir des points d’origine supposés sur la côte sud-est de l’île. Indépendamment de la validité de l’hypothèse, l’espèce est présente dans la nature, au Canada, depuis plus de 100 ans (elle a été répertoriée pour la première fois en 1906), ce qui en fait un candidat valable pour une évaluation par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). 

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : environ 60 %. La population canadienne est géographiquement séparée des autres populations qui subsistent dans le nord de la Californie. 

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : CLASSEMENT MONDIAL : G4 (dernier examen le 23 mars 2005); CLASSEMENT NATIONAL : N4 (Canada, le 18 septembre 2004); CLASSEMENT SUBNATIONAL : S4 (C. B.); COSEPAC : Non évaluée; Catégorie sur la liste rouge de l’UICN : NT – Near threatened, quasi menacé

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Inconnues. On croit cependant qu’il y a des déclins en raison de la perte d’habitat et de la fragmentation de l’habitat causées par l’aménagement résidentiel et l’exploitation forestière dans toute l’aire de répartition de l’espèce sur l’île de Vancouver. 

v. Menaces : L’aménagement résidentiel; l’exploitation forestière, particulièrement les cycles de rotation courts qui font en sorte qu’on ne trouvera plus de vieilles grosses grumes; les sécheresses estivales prolongées; et la modification des régimes de précipitations causée par les changements climatiques.

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : Petite aire de répartition, qui se limite aux basses terres de l’île de Vancouver et à quelques petites îles voisines. D’après la méthode du polygone minimal, la zone d’occurrence s’étend sur environ 32 000 km2, mais cette zone comprend des milieux en altitude (y compris une grande partie de l’intérieur de l’île de Vancouver), des zones urbaines et des plans d’eau qui ne conviennent pas à l’espèce; la zone d’occupation est beaucoup plus petite, et l’espèce est répartie de manière fragmentée dans les milieux propices. 

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Dépendance envers la respiration cutanée, car la peau doit demeurer humide pour pouvoir fonctionner comme surface respiratoire; par conséquent, les salamandres ne peuvent habiter que dans des micromilieux humides; elles ont besoin de grumes au sol à demi décomposées (le stade de décomposition 3 est préféré; Davis, 2002) où elles trouvent refuge; les grosses grumes ayant un diamètre d’au moins 50 cm semblent être privilégiées pour la reproduction, probablement parce qu’elles conservent l’humidité et offrent une meilleure protection contre les fluctuations environnementales et les prédateurs que les petites grumes. 


Références 
Davis, T.M. 2002. Microhabitat use and movements of the wandering salamander, Aneides vagrans on Vancouver Island, British Columbia, Canada, Journal of Herpetology, vol. 36, p. 699 703.
Davis, T.M. 2003. Aneides vagrans (Wandering Salamander), Reproduction, Herpetological Review, vol. 34, p.133.
Davis, T.M., et P.T. Gregory. 1993. Status of the Clouded Salamander in British Columbia, Wildlife Working Report, n° WR-53, B.C. Ministry of Environment, Victoria (Colombie-Britannique).
Jackman, T.R. 1998. Molecular and historical evidence for the introduction of clouded salamanders (genus Aneides) to Vancouver Island, British Columbia, Canada, from California, Revue canadienne de zoologie, vol. 76, p. 1570-1580.

Stelmock, J.J., et Harestad, A.S. 1979. Food habits and life history of the Clouded salamander (Aneides ferreus) on northern Vancouver Island, British Columbia, Syesis, vol. 12, p. 71-75.

Wake, D. B., et T. Jackman. 1999 (1998). Appendix 1. Description of a new species of plethodontid salamander from California, pp. 1579-1580. In: Jackman, T. R. 1999 (1998). Molecular and historical evidence for the introduction of clouded salamanders (genus Aneides) to Vancouver Island, British Columbia, Canada, from California. Can. J. Zool. 76:1570-1580.

Arthropodes

Psilochorus hesperus **

BC

Classe : Arachnida – Arachnides 
Ordre : Araneae – araignées 
Sous-ordre : Opisthothelae 
Infraordre : Araneomorphae 
Famille : Pholcidae – araignées de cave 
Genre : Psilochorus Simon 
Espèce : hesperus Gertsch et Ivie – aucun nom commun 
 
On rencontre habituellement les araignées aranéomorphes haplogynes dans les climats chauds tempérés et tropicaux. Sept espèces seulement ont été observées au Canada; toutes, sauf une, ont une aire de répartition limitée; plusieurs sont très rares, et au moins une (Psilochorus hesperus) semble être en péril. Le Psilochorus hesperus ne vit que dans les zones chaudes et sèches du fond des vallées de la C. B., où sa présence est connue dans cinq emplacements, entre Osoyoos et Princeton, à l’extrême-sud de la vallée de l’Okanagan et de son affluent, la rivière Similkameen. Dans cette région, les populations se trouvent seulement dans les vastes tas de roche ou les affleurements rocheux, plus précisément sous les roches. Des relevés étendus (environ 200 heures d’activités de recherche) effectués au cours des dernières années dans d’autres parties de la C. B., où l’on trouve des zones de sécheresse semblables (fleuve Fraser – de Williams Lake à Lytton; rivière Chilcotin – à proximité de Farwell Canyon; rivière Thompson – de Kamloops à Spences Bridge; rivière Nicola – du lac Nicola à Spences Bridge; rivière Tulameen – de Coalmont à Princeton; vallée de l’Okanagan – de Vernon à Oliver; vallée de la rivière Kettle – de Rock Creek au lac Christina), n’ont pas permis de trouver de nouvelles populations. Dans le corridor Osoyoos–Princeton, les milieux propices sont nombreux, mais les populations du P. hesperus sont peu communes et réparties de manière fragmentée. Le corridor Osoyoos–Princeton est un important couloir de circulation, qui subit de fortes pressions à cause de l’aménagement résidentiel et commercial et de l’expansion agricole. L’habitat naturel dans cette région a été considérablement réduit et regroupe un grand nombre d’espèces qui ont déjà été désignées comme des espèces en péril par le COSEPAC.

i. Niveau taxinomique : Espèce – priorité élevée 

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : < 5 % – priorité faible 

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : pas de classement – priorité faible 

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Déclin inféré en raison de l’habitat disponible limité et des pressions exercées par les travaux d’aménagement – priorité élevée

v. Menaces : Population fragmentée et observée à moins de dix emplacements; expansion agricole, aménagement résidentiel et commercial; transports – priorité élevée 

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : Zone d’occurrence de moins 100 km2 environ; zone d’occupation probablement de moins de 5 km2 – priorité élevée 

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Population fragmentée et observée à moins de dix emplacements; ne vit que sous les roches, dans des endroits chauds et secs – priorité élevée 

Références 

Huber, B.A. 2005. Pholcidae, in Ubick, D., P. E. Cushing, P. Paquin et N. Dupérré (dir. de publ.), Spiders of North America: an Identification Guide, American Arachnological Society, p. 194 196.

Lea, T. 2008. Historical (pre-settlement) ecosystems of the Okanagan Valley and Lower Similkamenn Valley of British Columbia - pre-European contact to present, Davidsonia n° 19(1), p. 3-36. 

Slowik, J. 2009. A review of the cellar spider genus Psilochorus Simon 1893 in America north of Mexico (Araneae: Pholcidae), Zootaxa, n° 2144, p.1-53.

Omus audouini **
Cicindèle d’Audouin
BC

La cicindèle d’Audouin (Omus audouini) est la plus rare de deux espèces de cicindèles nocturnes étranges et incapables de voler, du genre Omus, et qui, au Canada, se rencontrent seulement à la limite de la côte méridionale de la C.-B. Plus précisément, on retrouve la cicindèle d’Audouin dans les prés à chênes de Garry et dans les boisés secs adjacents, peuplés de douglas de Menzies, dans la région de Victoria, et dans les champs abandonnés et les prés de l’extrême sud des basses terres du Fraser, au sud de Vancouver (Boundary Bay, White Rock). L’aire de répartition canadienne correspond à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce, qui s’étend au sud en passant par les régions côtières de l’État de Washington et de l’Oregon jusqu’à la limite nord de la Californie. La carte de l’aire de répartition de Pearson et al. (2006) n’est pas exacte : le sud de l’île de Vancouver devrait être inclus dans l’aire de répartition, mais aucune partie de l’intérieur de la C.-B ne devrait l’être. L’espèce n’a jamais été observée au nord de Vancouver, ni à l’est de la chaîne Côtière. 

Comparées à d’autres cicindèles, les espèces du genre Omus sont peu connues sur les plans biologique et taxinomique. Selon Pearson et al. (2006), le Omus audouini vit dans la litière humide et ombragée de la forêt, mais s’aventure aussi dans les zones herbeuses, les falaises côtières et les rives escarpées argileuses surplombant l’océan. La plupart des spécimens de la C. B. ont sûrement été prélevés dans ces zones dégagées, mais certaines mentions manquent de précision quant à l’emplacement et au milieu. Les adultes sont actifs principalement du mois d’avril au mois de juin dans la partie septentrionale de l’aire de répartition, même si une mention a été enregistrée pour Victoria à la mi-août. 

Compte tenu des données, souvent imprécises, figurant sur les étiquettes, on constate qu’il y a au moins trois emplacements de capture à la limite sud de l’île de Vancouver : à Victoria (falaises du chemin Dallas), à Saanich et dans le district de Highland. Les premières mentions ont été enregistrées dans le sud de l’île de Vancouver (spécimens de la Collection nationale canadienne d’insectes [CNCI]); elles ne sont pas datées, mais G.M. Taylor, qui collectionnait ces spécimens, est décédé en 1912. D’autres mentions pour la région de Victoria datent de 1924 à 1954 (spécimens du Royal British Columbia Museum [RBCM]). Il y a trois emplacements de capture connus dans la partie continentale de la Colombie-Britannique : White Rock (1962), Elgin (tout juste au nord de White Rock) (plusieurs mentions en 1985) et Boundary Bay (deux mentions en 1989) (spécimens de la CNCI et de l’UBC). Aucune mention n’a été enregistrée dans les îles Gulf.

Même si cette cicindèle peut probablement s’adapter à un certain degré de perturbation, les milieux où elle vit comptent parmi les plus menacés au Canada – les prés à chênes de Garry (île de Vancouver) et les prés des basses terres du Puget Sound (partie continentale de la C. B.). Les deux plus grandes régions métropolitaines de la province occupent le centre de l’aire de répartition de l’espèce en C.-B., et le taux de perte d’habitat continue d’être élevé. En 2009, le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a entrepris des activités d’inventaire de base dans la pointe sud de l’île de Vancouver et les basses terres dans le but de mieux répertorier le statut, sur le plan de la conservation, de la cicindèle d’Audouin. Dans la région de Victoria, Andy Teucher a placé des pièges-fosses dans les milieux qui pourraient être propices, à Prospect Lake et dans le parc Island View Beach, le parc Christmas Hill, le parc Beacon Hill (y compris les falaises du chemin Dallas) et le parc Saxe Point. Huit pièges ont été placés à chaque emplacement et étaient vérifiés tous les deux à quatre semaines. Pour 2 866 nuits-pièges (un piège déployé pendant une nuit = 1 nuit-piège) du 24 mai au 5 août, un seul spécimen de cicindèle d’Audouin a été capturé (RBCM). Il a été capturé entre le 19 juin et le 28 juillet, sur une falaise côtière, le long du chemin Dallas dans le Beacon Hill Park, à Victoria; ce spécimen confirme que la cicindèle d’Audouin est toujours présente dans le sud de l’île de Vancouver. Jennifer Heron a placé des pièges-fosses à plusieurs emplacements des basses terres autour de Vancouver. Cependant, ce ne sont pas tous les sites qui étaient choisis spécifiquement pour trouver des cicindèles d’Audouin, et l’emplacement connu de l’aéroport de Boundary Bay n’a pas été visité depuis. À Boundary Bay, on a placé des pièges le long de la plage et sur un des principaux sentiers à proximité. On a également placé des pièges dans le refuge d’oiseaux migrateurs de George C. Reifel, propriété du SCF à l’île Reifel, à l’île Iona, au parc Belcarra, à Colony Farm et à Surrey Bend. Les pièges ont été installés en mai, vérifiés à divers intervalles pendant l’été et désactivés entre la mi-septembre et la mi octobre. Il y a eu en tout 913 nuits-pièges. Néanmoins, on a besoin de plus de données d’inventaire, particulièrement pour la région Boundary Bay-White Rock de la partie continentale. Les relevés de 2009 ont porté principalement sur les prés côtiers. On devrait aussi entreprendre l’inventaire des milieux forestiers adjacents.

i. Niveau taxinomique : Espèce – priorité élevée 
ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : < 10 % – priorité faible 
iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale  : G5 (NatureServe); classement national préliminaire de N1 établi par Scudder (1996); classé S1 (rouge) en C.-B., par le Centre de données sur la conservation de la C. B. – classement mondial bas, classement national préliminaire élevé – priorité moyenne (élevée)
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : population probablement petite; répartie de façon très fragmentée? On a besoin de plus de données d’inventaire pour mettre à jour et clarifier les données sur la répartition, même après les relevés préliminaires entrepris en 2009. Le nombre d’occurrences s’élève à environ six au Canada (probablement plus, mais certaines données d’emplacement ne sont pas assez précises pour pouvoir le déterminer).
À l’emplacement du chemin Dallas à Victoria, l’espèce persiste depuis au moins les années 1920, malgré les importants travaux d’aménagement et les perturbations anthropiques. Toutefois, on ne connaît actuellement ni la taille, ni la viabilité, de cette population; elle est probablement très réduite comparativement à sa taille d’origine. À cause des activités de stabilisation des berges qui ont cours depuis longtemps, des travaux d’aménagement (routes et infrastructure), de l’utilisation intense par les humains et les chiens, du fauchage et de la présence d’espèces végétales introduites le long des falaises du chemin Dallas, il est peu probable que ces berges et falaises constituent un habitat de haute qualité à long terme. Le fait que 329 nuits pièges sur les falaises (7 pièges répartis le long des falaises ont été actifs de 2009-06-12 à 2009 07 28) n’aient permis de capturer qu’un seul spécimen indique que la population n’est probablement pas très grande (A. Teucher, comm. pers., 2009). Les berges argileuses constituent un milieu propice pour l’alimentation et la croissance des larves, mais elles font l’objet d’une forte utilisation à des fins récréatives. Des déclins ont été inférés en raison de la perte étendue de l’habitat (p. ex. aménagement suburbain intensif dans les deux zones des populations) – priorité élevée.
v. Menaces : La majorité des milieux propices sont fortement menacés par les travaux d’aménagement (p. ex. importants travaux d’aménagement commercial et résidentiel en banlieue ainsi que l’aménagement de terrains de golf à Langford et dans les régions adjacentes sur l’île de Vancouver). Un des principaux milieux de l’espèce, les prés à chênes de Garry, est réduit à 10 % de sa proportion initiale (il ne reste plus qu’environ 1 600 ha sur les 16 000 ha qu’il y avait à l’origine) (Lea, 2006). Une perte semblable des forêts et des prés a été constatée au profit de l’aménagement résidentiel et autre, dans le sud des basses terres; les écosystèmes de champs et de prés sont utilisés pour construire des serres. Certaines zones sont protégées (p. ex. le parc Beacon Hill et le parc Goldstream, à Victoria). Les coupes à blanc ont peut-être joué un rôle dans le déclin précédent des populations – priorité élevée
vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : La zone d’occurrence est d’environ 3 200 km2, mais une bonne partie de la zone est le détroit de Georgia, situé entre les populations qui se trouvent sur la partie continentale et celles qui se trouvent sur l’île de Vancouver. L’étendue de la zone d’occurrence du chemin Dallas, le site de Victoria, le seul emplacement récent (2009) sur l’île de Vancouver, est inconnue. Cependant, si un milieu propice existe dans un nombre suffisant de parcelles, suffisamment proches les unes des autres, la zone d’occurrence pourrait occuper des fragments sur environ 2,5 km de ces falaises. Si on tient compte de toute l’aire de répartition, la zone d’occupation s’étend sur environ 300 km2 - priorité élevée
vii. Facteurs biologiques limitatifs : Faible vagilité; l’espèce est incapable de voler – priorité moyenne (élevée) 


Références 
Lea, T. 2006. Historical Garry Oak ecosystems of Vancouver Island, British Columbia, pre-European contact to the present, Davidsonia, n° 17, p. 34-50.

Pearson, D.L., C.B. Knisley et C.J. Kazilek. 2006. A field guide to the tiger beetles of the United States and Canada, Oxford, Oxford University Press. 

Scudder, G.G.E. S. 1996. Terrestrial and freshwater invertebrates of Britih Columbia: priorities for inventory and descriptive research, Research Branch, BC Ministry of Forests, Wildlife Branch, BC Ministry of Environment, Lands and Parks, Victoria (C.-B.).

Bombus ashtoni *

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Au Canada, des spécimens de l’espèce ont été capturés dans toutes les provinces et tous les territoires, sauf peut-être au Nunavut (GBIF, 2009), mais l’espèce a subi un déclin substantiel dans certaines zones. 

L’espèce est un parasite social; les femelles usurpent le nid d’autres espèces de bourdons. Une fois le nid volé, les femelles pondent leurs œufs, et les ouvrières de la reine précédente s’en occupent. Les mâles et femelles émergent, s’accouplent puis, seules les femelles fécondées survivent à l’hiver en hibernant sous terre. Le Bombus ashtoni maîtrise l’art de parasiter les nids de bourdons du sous genre Bombus sensu strictu (Laverty et Harder, 1988), parmi lesquels on retrouve des espèces que l’on croit être en péril, dont une espèce que le COSEPAC évalue actuellement ainsi qu’une autre espèce pour laquelle un rapport sera demandé à l’hiver 2009 2010.

On a capturé des espèces hôtes dans de nombreux types d’habitat, y compris les zones urbaines (Colla et Packer, 2008), ce qui permet au Bombus ashtoni d’être présent dans un éventail de milieux. Comme tous les bourdons, le B. ashtoni se nourrit du nectar et du pollen de diverses espèces de plantes à fleurs. On a mentionné sa présence sur le genre Vaccinium, qui est important sur le plan économique. 

i. Niveau taxinomique : Espèce 

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : > 75 %. On retrouve cette espèce partout au Canada (jusqu’au 68e parallèle) et aussi en Alaska et dans certaines parties du nord est des États-Unis.

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : Non évaluée

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Les populations du B. ashtoni sont probablement très fragmentées aux endroits où l’on trouve des populations suffisamment grandes d’hôtes. On a besoin d’un plus grand nombre de données d’inventaire, particulièrement pour les parties septentrionales de l’aire de répartition. Les derniers spécimens ont été capturés en 2000, dans le parc provincial Presqu’île et la péninsule Bruce (collection de l’Université de Guelph). La Xerces Society indique aussi que l’espèce n’a pas été observée aux États-Unis depuis l’an 2000 (Evans et al., 2008). On n’a pas observé sa présence au cours de relevés étendus des bourdons effectués annuellement en Ontario depuis 2005, qui visaient des emplacements où l’on avait déjà trouvé un de ses hôtes. Colla et Packer (2008) n’ont trouvé aucune population du B. ashtoni dans la région de Guelph durant trois années d’échantillonnage (2004-2006). Pourtant, trente ans avant ces relevés, R. Macfarlane avait observé leur présence dans les mêmes sites (Colla et Packer, 2008). 

v. Menaces : Les facteurs influant sur l’abondance de l’espèce sont probablement directement liés à la dynamique des populations des espèces hôtes Bombus affinis, Bombus occidentalis et Bombus terricola. Ces dernières ont subi récemment un important déclin dans l’ensemble de leurs aires de répartition canadiennes et américaines (Grixti et al., 2009; Colla et Packer, 2008; NRC, 2007).

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : probablement – importante diminution de l’aire de répartition. 

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Des espèces hôtes, jadis communes, ont subi un important déclin aux États-Unis et au Canada, au cours des dernières décennies.

Références 

Colla, S.R., et L. Packer. 2008. Evidence for decline in eastern North American bumblebees (Hymenoptera:Apidae), with special focus on Bombus affinis Cresson, Biodiv and Conserv, vol. 17, p. 1379-1391.

Evans, E, R. Thorp, S. Jepson. 2008. A Status Review of Three Formerly Common Species of Bumble Bee in the Subgenus Bombus, rédigé pour la Xerces Society for Invertebrate Conservation [en ligne] http://www.xerces.org/wp-content/uploads/2008/12/xerces_2008_bombus_status_review.pdf [consulté le 2 juin 2009, en anglais seulement]

Global Biodiversity Information Facility (GBIF) [en ligne] http://data.gbif.org/species/16195315/ [consulté le 2 juin 2009; en anglais seulement]

Grixti, J.C., L.T. Wong, S.A. Cameron et C. Favret. 2009. The decline of bumble bees (Bombus) in the American Northwest, Biological Conservation, n° 142, p. 75-82.

Laverty, T.M., et L.D. Harder. 1998. The bumble bees of Eastern Canada, Can. Ent., n° 120, p. 965 987.

National Research Council. 2007. The Status of Pollinators in North America. National Academies Press.

Hesperia colorado *
Hespérie du Colorado
BC

On trouve l’hespérie du Colorado à partir du sud de l’île de Vancouver et des îles San Juan de l’État de Washington, jusque dans les basses terres du Puget Sound, la chaîne des Cascades et les montagnes Siskiyou. À la limite septentrionale de son aire de répartition, en C.-B. et dans l’ouest de l’État de Washington, on rencontre l’espèce dans les prés secs où les graminées cespiteuses indigènes sont abondantes. On l’a récoltée dans au moins 17 emplacements distincts dans le sud de l’île de Vancouver, de Metchosin à Nanaimo (spécimens du Royal BC Museum). Toutes les publications récentes sur les papillons de la C. B. montrent une aire de répartition plus grande sur l’île de Vancouver, étant donné qu’on a supposé que les spécimens observés des espèces du genre Hesperia, dans les régions subalpines et alpines, appartenaient à ce taxon (Layberry et al., 1998; Guppy et Shepard, 2001; Pyle, 2002; Acorn et Sheldon, 2006). L’ajout du Hesperia colorado oregonia sur la liste bleue par le Centre de données sur la conservation de la Colombie Britannique (BC Conservation Data Centre) est aussi fondé sur cette supposition. En 2008, on a comparé, pour la première fois, une série de spécimens provenant de milieux subalpins à des spécimens des basses terres. Les spécimens capturés en altitude étaient des Hesperia comma, espèce commune des régions subalpines dans tout le sud de la C.-B. (Miskelly, 2009).

Il existe encore des populations du H. colorado oregonia à seulement 2 des 17 emplacements historiques de l’île de Vancouver (Miskelly, 2009), la plupart des emplacements ayant été transformés en zones résidentielles. Des passionnés des papillons ont visité la majeure partie des emplacements encore à l’état semi-naturel, au bon moment de l’année, pour observer des H. c. oregonia. Une population existante se trouve sur une terre privée dans une étendue de prés rocheux et l’autre, sur une langue de sable dans une réserve des Premières nations. Ce dernier emplacement est le seul habitat connu dans son genre à faire partie de l’aire de répartition mondiale du taxon. Toutes les observations récentes ne portent que sur un à trois individus à la fois, alors que, dans le passé, on retrouve des mentions de jusqu’à 28 individus à un même emplacement au cours de la même journée. On estime que la zone d’occurrence de ce papillon a déjà été de 1 650 km2 au Canada. La zone d’occupation, calculée à l’aide d’une grille à mailles de 2 km, a déjà été d’au moins 64 km2. La zone d’occupation actuelle des deux populations connues est de 8 km2. 

Les populations passées et présentes du H. c. oregonia en C. B. et dans l’ouest de l’État de Washington sont fortement liées aux écosystèmes du chêne de Garry, qui occupent maintenant moins de 5 % de la zone qu’ils occupaient il y a 100 ans (Lea, 2006). Les parcelles restantes de ces écosystèmes sont en train d’être rapidement transformées en zones résidentielles et commerciales. De plus, les parcelles se trouvant dans des zones protégées sont menacées par la progression d’espèces ligneuses (en raison de la suppression des feux) et subissent l’impact d’un intense trafic de visiteurs et la dégradation qui s’ensuit (Fuchs, 2001). Dans la plupart des parcs, les gens manifestent un engouement effréné pour la randonnée hors sentier et le vélo de montagne, tout comme pour les VTT dans certaines régions. Les espèces rares poussant dans ces parcelles sont aussi menacées par les plantes envahissantes, spécialement par certaines graminées et certains arbustes non indigènes (Fuchs, 2001). Les prés avec une importante couverture de graminées indigènes sont considérés comme étant particulièrement rares. Aucune population du H. c. oregonia n’a été signalée aux emplacements où les graminées non indigènes dominent.

En anglais, on propose également les noms communs Oregon skipper ou Oregon branded skipper pour le taxon. Ces deux noms ont été utilisés dans des publications récentes (Guppy et Shepard, 2001; Pyle, 2002). 

i. Niveau taxinomique : Sous-espèce – priorité moyenne

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : environ 6 % de l’aire de répartition mondiale est au Canada – priorité faible

iii. Situation actuelle sur le plan de la conservation – priorité moyenne. 
CDC de la C.-B. – cote S2S3, liste bleue (mais fondé sur la supposition que les populations subalpines appartiennent à ce taxon) (Centre de données sur la conservation de la Colombie Britannique, 2009)
WA (Washington) – S2 (NatureServe, 2009)
OR (Oregon) – aucun statut
CA (Californie) – aucun statut
Cote mondiale arrondie – T3 (NatureServe, 2009)

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Populations connues actuellement à seulement 2 d’au moins 17 emplacements historiques. Toutes les observations récentes ne portent que sur un à trois individus à la fois. – priorité élevée 

v. Menaces : Destruction de l’habitat à cause de l’urbanisation et des activités récréatives abusives; dégradation de l’habitat par des plantes non indigènes et la progression d’espèces ligneuses – priorité élevée 

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : Zone d’occurrence historique = 1 650 km2, zone d’occupation historique de plus de 64 km2, zone d’occupation actuelle de 8 km2 – priorité élevée 

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Dépendance envers certains milieux rares, naturellement fragmentés, en déclin – priorité élevée 


Références: 

Acorn, J., et I. Sheldon. 2006. Butterflies of British Columbia, Edmonton, Lone Pine Publishing, 360 p.

BC Conservation Data Centre. 2009. Conservation Status Report: Hesperia colorado oregonia. BC Ministry of Environment. http://a100.gov.bc.ca/pub/eswp/ (consulté le 12 juin 2009, en anglais seulement).

Fuchs, M. 2001. Towards a recovery strategy for Garry oak and associated ecosystems in Canada: 
Ecological assessment and literature review. Rapport technique GBEI/EC-00-030. Environnement Canada, Victoria, xi + 107 p.

Guppy, C.S., et J.H. Shepard. 2001. Butterflies of British Columbia, Victoria, Royal BC Museum et Vancouver, UBC Press, 414 p.

Layberry, R.A., Hall, P.W. et J.D. Lafontaine. 1998. The butterflies of Canada, Toronto, University of Toronto Press, viii + 280 p.

Lea, T. 2006. Historical Garry oak ecosystems of Vancouver Island, British Columbia, pre-European contact to the present, Davidsonia, n° 17(2), p. 34-50.

Miskelly, J.W. 2009. Notes on the taxonomy and status of the genus Hesperia (Lepidoptera, Hesperiidae) on Vancouver Island, Journal of the Entomological Society of British Columbia, n° 106, p. 83 84. 

NatureServe. 2009. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web]. Version 7.1. NatureServe, Arlington (Virginie). Disponible à l’adresse : http://www.natureserve.org/explorer (consulté le 12 juin 2009, en anglais seulement).

Pyle, R.M. 2002. The butterflies of Cascadia, Seattle Audubon Society, Seattle, 420 p.

Lichens

Peltigera hydrothyria *

BC, QC, NB, NS

Le Peltigera hydrothyria est un cyanolichen foliacé, collé habituellement sur la roche, qui pousse sous l’eau dans les cours d’eau douce frais et peu profonds. C’est un lichen endémique à l’Amérique du Nord, qu’on retrouve dans les régions montagneuses tempérées de l’est et l’ouest. Alors qu’environ 200 espèces de lichens poussent sur les bords des cours d’eau, on connaît moins d’une douzaine de macrolichens, à l’échelle mondiale, qui poussent sous l’eau.  

i. Niveau taxinomique : Espèce

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 50 % 

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : Considéré comme une espèce rare aux États-Unis.  

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : On connaît huit sites au Canada : deux en C.-B, un au Qc, trois en N.-É. et deux au parc national du Canada Fundy (N.-B.). Sur les trois sites signalés récemment en Nouvelle-Écosse, un se trouve à l’intérieur d’un parc provincial, mais certains des thalles sont morts dernièrement. Dix-sept sites ont été signalés aux États-Unis; deux dans l’est et quinze sur la côte ouest.  

v. Menaces : L’envasement et les changements radicaux des niveaux d’eau et de lumière causés par l’exploitation forestière en amont ou à l’échelle locale et l’aménagement des routes et la construction qui modifient les débits d’eau, la clarté ou la température de l’eau. L’augmentation ou la réduction du débit d’eau corrélées à des phénomènes météorologiques extrêmes associés aux changements climatiques prévus, représentent une menace à moyen et à long terme pour le lichen.

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : IZO < 32 km²

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Le lichen se reproduit par la dispersion des ascospores et, probablement, la fragmentation des thalles. Étant donné que, pour croître, il doit être la plupart du temps sous l’eau, cela signifie qu’il pourrait se rétablir en aval, mais la façon dont le lichen se propage d’un cours d’eau à l’autre n’est pas claire. Son aire de répartition limitée porte à croire qu’il a des besoins très précis en matière d’habitat.

Mammifères (marins)

Odobenus rosmarus **
Morse de l’Atlantique
NU, MB, QC, NS, NL

Le morse de l’Atlantique (Odobenus rosmarus rosmarus) est un mammifère marin grégaire de grande taille, dont les canines supérieures se développent en de longues défenses incurvées. L’espèce présente un dimorphisme sexuel : les mâles adultes atteignent un poids d’environ 1 100 kg, et les femelles, d’environ 800 kg. Les mâles et les femelles possèdent des défenses. Les morses se réunissent souvent en troupeaux dans des échoueries, qui se trouvent sur la glace ou la terre ferme. Les femelles atteignent la maturité entre l’âge de 5 et de 10 ans et mettent bas à un unique rejeton tous les trois ans environ. Les mâles atteignent la maturité entre l’âge de 7 et de 13 ans. Les morses peuvent vivre plus de 35 ans. Ils se nourrissent principalement d’invertébrés benthiques, surtout des myes, et préfèrent les eaux peu profondes (moins de 80 m) avec un substrat mou dans lequel vivent d’importantes populations de mollusques. Des étendues d’eau libre doivent être présentes au-dessus des aires d’alimentation, et il doit aussi y avoir de la glace ou de la terre ferme non loin pour que les morses puissent les utiliser comme échoueries. 

En 2006, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a déterminé que le morse de l’Atlantique était une espèce préoccupante, en reconnaissant toutefois que l’espèce se qualifiait presque pour le statut de « espèce menacée » et nécessitait un plan de gestion efficace. Les données sur les captures et les pertes dues à la chasse semblent indiquer que ce taux de prélèvement ne peut être soutenu ni dans certains secteurs du Groenland, ni dans certains secteurs du Canada. De plus, certaines collectivités inuites ont signalé des récents déclins de l’espèce (Stewart, 2008a). Le compte rendu de la réunion d’évaluation des espèces de novembre 2006 précise que le Sous comité de spécialistes des espèces (SSE) pourrait demander une autre évaluation du morse de l’Atlantique dans cinq ans plutôt que dans dix ans. Le SSE a décidé de faire la demande parce que : 1) rien ne permet de croire que le statut du morse de l’Atlantique s’est amélioré depuis la dernière évaluation, et son statut pourrait, en fait, avoir empiré (Stewart, 2008a); 2) la chasse est continue sans qu’un plan de gestion efficace ne soit en place pour protéger l’espèce d’une surexploitation; 3) on pense qu’il y a maintenant des preuves plus solides pour délimiter les unités désignables et attribuer des statuts propres aux populations (NAMMCO, 2006; Stewart, 2008b); et 4) les changements climatiques et le recul de la glace de mer modifient le milieu propice au morse de l’Atlantique.  

i. Niveau taxinomique : Le morse de l’Atlantique, Odobenus rosmarus rosmarus (Linnaeus, 1758), est l’une des deux sous-espèces, l’autre étant le morse du Pacifique (O. r. divergens).

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Environ 50 % de la sous-espèce, environ 25 % de l’espèce. 

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : L’UICN classe le morse de l’Atlantique dans la catégorie « Data Deficient, données insuffisantes » (aucune évaluation infraspécifique n’a été effectuée); NatureServe n’a pas classé l’espèce. Le COSEPAC (2006) a recommandé que le morse de l’Atlantique soit considéré comme une espèce préoccupante, en faisant remarquer que certaines populations de la sous-espèce étaient clairement plus en péril que d’autres.  

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : On recensait des centaines de milliers de morses de l’Atlantique avant qu’ils ne soient exploités commercialement. Vers le milieu du 20e siècle, ils avaient été décimés partout dans leur aire de répartition (certaines populations étaient disparues, p. ex. en Nouvelle-Écosse et dans le golfe du Saint-Laurent). Il est extrêmement difficile d’établir une estimation de l’abondance absolue, et, par conséquent, on ne dispose d’aucune estimation fiable de la taille et des tendances des populations dans la plupart des secteurs. Le nombre total d’individus dans l’Arctique canadien s’élève peut-être à environ 10 000. Il y a des données claires sur l’existence d’une structure des populations. Plusieurs populations géographiquement distinctes ne compteraient plus que quelques centaines d’individus (Stewart, 2008a, b).   

v. Menaces : L’interdiction de la chasse commerciale à grande échelle et la dépendance de moins en moins grande envers le traîneau à chiens comme moyen de transport (et la diminution résultante de la chasse du morse comme nourriture à chiens) ont allégé la pression de chasse exercée sur le morse de l’Atlantique dans certains secteurs. Cependant, on chasse aussi le morse pour l’ivoire de ses défenses. La chasse demeure donc la menace la plus immédiate et la plus grave pour les populations de morses au Canada, et le taux de prélèvement ne pourrait pas être soutenu dans certains secteurs (Stewart, 2008a). On retrouve souvent les morses près de la glace de mer, ce qui reflète, au moins en partie, le fait qu’ils utilisent la glace comme plateforme pour avoir accès à des proies. Cela pourrait aussi être une réaction à la pression de chasse et à l’empiétement des humains sur les milieux côtiers (Born, 2005). Les répercussions sur le morse de l’Atlantique des conditions écologiques qui évoluent rapidement et sans cesse à cause des changements climatiques, et, en particulier, les caractéristiques de la glace de mer et la façon dont elle change, ne sont pas claires. Cependant, on s’attend à ce que les nouvelles conditions permettent le développement de l’industrie et du tourisme dans le nord, ce qui constitue une préoccupation majeure. 

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : Sans objet. 

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Cycle vital de « sélection K » très marqué; dépendance envers les interactions entre la glace de mer, les échoueries côtières, la bathymétrie et la répartition des mollusques. 

Références

Born, E.W. 2005. An assessment of the effects of hunting and climate on walruses in Greenland, thèse de doctorat de l’Université d’Oslo.   

COSEPAC. 2006. Mise à jour : évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur le morse de l’Atlantique (Odobenus rosmarus rosmarus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, x + 72 p. (http://www.sararegistry.gc.ca/virtual_sara/files/cosewic/sr_atlantic_walrus_f.pdf) 

NAMMCO (NORTH ATLANTIC MARINE MAMMAL COMMISSION). 2006. Scientific Committee Report of the Thirteenth Meeting, Reine, Norvège, 25–27 octobre 2005.
NAMMCO /15/5. (http://www.nammco.no/webcronize/images/Nammco/766.pdf, en anglais seulement)

Stewart, R. 2008a. Pouvons-nous calculer les prélèvements totaux admissibles pour le morse au moyen du prélèvement biologique potentiel? Secrétariat canadien de consultation scientifique, document de recherche 2008/025, (http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas/)

Stewart, R. 2008b. Redefining Walrus Stocks in Canada, ARCTIC, vol. 61, n° 3, p. 292-308.

Mollusques

Staala gwaii *
Limace de Gwaii Haanas
BC

Le Staala gwaii est une espèce de semi-limace distincte, endémique à Haida Gwaii (îles de la Reine Charlotte), qui a été décrite récemment. Il appartient à un nouveau genre, différent du point de vue anatomique et génétique de son plus proche parent, la limace sauteuse (du genre Hemphillia). Il s’agit du premier mollusque terrestre endémique reconnu en C.-B. et, fait inhabituel, l’ensemble de son aire de répartition connue se trouve à des latitudes relativement élevées. Dans l’île Moresby, le S. gwaii et plusieurs espèces de plantes endémiques coexistent au sommet des montagnes – des secteurs qui étaient peut-être exempts de glace pendant les périodes glaciaires du Pléistocène. Il s’agirait donc de reliques de l’âge glaciaire. La limace de Gwaii Haanas n’a été observée qu’à dix emplacements sur les deux îles principales, Graham et Moresby, où on la rencontre à partir des forêts à faible altitude jusque dans la toundra subalpine. Des travaux exhaustifs sur le terrain ont montré que l’espèce est rare dans les forêts des basses terres (deux emplacements seulement). On retrouve la plupart des sites connus à partir des forêts de conifères à moyenne altitude jusque dans la toundra subalpine. On calcule que la zone d’occurrence est d’environ 2 900 km2, mais la zone d’occupation est petite, car la zone d’occurrence comprend des plans d’eau et des secteurs terrestres inappropriés. Les emplacements dans les basses terres se trouvent dans d’anciennes forêts de conifères. Une des menaces touchant les populations présentes dans les basses terres et dans les zones à moyenne altitude est l’exploitation forestière industrielle. Le broutement par les cervidés introduits représente aussi une menace sérieuse pour les écosystèmes indigènes dans l’ensemble des îles, y compris dans les secteurs subalpins et alpins fragiles. Les changements climatiques et la progression des forêts en altitude ainsi que la faune des basses terres peuvent aussi détériorer les milieux subalpins occupés par la limace de Gwaii Haanas.

i. Niveau taxinomique : Espèce

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 100 %, endémique

iii. Classement sur la liste rouge de l’UICN ou par NatureServe : classement mondial : non classée; classements nationaux : non classée; classements subnationaux : C. B. : non classée, on estime qu’elle devrait être au moins classée S3, peut-être S2. 

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Taille et tendances des populations inconnues.

v. Menaces : Vulnérable à la sécheresse causée par les changements climatiques et à l’exploitation des forêts anciennes et des forêts matures de seconde venue. Modification de l’habitat à cause des cervidés introduits, particulièrement dans les milieux subalpins.

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : L’espèce a été observée à dix sites; six sur l’île Moresby et quatre sur l’île Graham.

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Mécanismes de dispersion inadéquats. Espèce endémique; aucune possibilité d’immigration de source externe (populations de l’extérieur).

Référence 
Ovaska, K., T. Wilke, L. Chichester et L. Sopuck. Terrestrial gastropods from Haida Gwaii (Queen Charlotte Islands), British Columbia, Canada, including description of a new northern endemic slug (Mollusca: Gastropoda: Arionidae) (à l’impression), The Nautilus, n° 124 [date prévue de publication : mars 2010].

Obliquaria reflexa *
Obliquaire à trois cornes
ON

Cette moule d’eau douce a déjà été présente dans le cours inférieur des rivières Thames et Grand et dans la partie ouest du lac Érié, en Ontario. Une nouvelle population a été découverte dans la rivière Sydenham en 1992. Selon des relevés effectués récemment (après 1997), l’espèce n’existerait probablement qu’à trois emplacements – le cours inférieur de la rivière Thames et le cours inférieur des rivières Grand et Sydenham. Les spécimens de l’espèce sont toujours rares à ces emplacements et ne constituent qu’une petite portion de la communauté totale des Unionidés (< 5 %); ils sont peu nombreux et se trouvent seulement dans une petite partie de la rivière. La pollution produite par l’agriculture et l’industrie, les changements des modèles d’utilisation des terres ainsi que les moules zébrées et les moules quagga, représentent les principales menaces.

i. Niveau taxinomique : Espèce

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 5 %

iii. Classement sur la liste rouge de l’UICN ou par NatureServe : classement mondial : G5; classements nationaux : N1 (Canada), N5 (É. U.); classements subnationaux : Ontario (S1), Alabama (S5), Arkansas (S4), Georgia (S4), Illinois (S4), Indiana (S3), Iowa (S1), Kansas (S3), Kentucky (S4S5), Louisiane (S5), Michigan (SNR), Minnesota (SNR), Mississippi (S5), Missouri (S4), Ohio (S2), Oklahoma (S3), Pennsylvanie (S1), Dakota du Sud (S1), Tennessee (S5), Texas (SNR), Virginie-Occidentale (S2), Wisconsin (S3).

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Déclin de la taille des populations inféré à cause du déclin dans le nombre d’occurrences. Dans le passé, on retrouvait l’obliquaire à trois cornes partout dans le bassin ouest du lac Érié ainsi que dans les rivières Thames et Grand. Même si l’espèce a été observée récemment dans la rivière Sydenham, elle est maintenant disparue du bassin ouest du lac Érié. 

v. Menaces : L’espèce est disparue du bassin ouest du lac Érié à cause de l’invasion et de l’établissement des moules zébrées et des moules quagga. Les populations fluviales qui subsistent sont menacées par la qualité de l’eau qui diminue et la perte des milieux aquatiques résultant de l’expansion agricole et de l’aménagement urbain dans les bassins hydrographiques.

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : Observée à seulement trois emplacements. Zone d’occurrence historique estimée à 23 000 km2. Zone d’occurrence actuelle (fondée sur les cas répertoriés depuis 1997) estimée à 4 600 km2 (déclin de 80 %).

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Les juvéniles immatures (glochidies) sont des parasites obligatoires d’hôtes vertébrés qui seraient le mené à nageoires rouges (Luxilus chrysocephalus) et le naseux de rapides (Rhinichthys cataractae).

Toxolasma parvum *
Toxolasme nain
ON

Au Canada, la présence de la moule d’eau douce Toxolasma parvum n’a fait l’objet que de huit mentions historiques provenant des rivières Detroit, Grand et Thames. Plus récemment, on a trouvé un seul spécimen vivant dans le cours inférieur de la rivière Sydenham, en 1991, et deux autres spécimens vivants près de l’embouchure de la rivière Grand, en 1997. Il s’agit d’une espèce très rare de l’ensemble de la communauté des moules; il n’y a eu que trois prélèvements confirmés de spécimens vivants au cours des 80 dernières années. D’autres relevés doivent être effectués afin de confirmer le statut de l’espèce en Ontario et dans le reste du Canada. Une mention non vérifiée datant de février 2010 indique que des coquilles très fraîches ont été trouvées dans le secteur du port de Hamilton, sur le lac Ontario. La pollution produite par l’agriculture et l’industrie, les changements des modèles d’utilisation des terres ainsi que les moules zébrées et les moules quagga, constituent les principales menaces.

i. Niveau taxinomique : Espèce

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : < 5 %

iii. Classement sur la liste rouge de l’UICN ou par NatureServe : classement mondial : G5; classements nationaux : N1 (Canada), N5 (É. U.); classements subnationaux : Ontario (S1), Alabama (S3), Arkansas (S4), Floride (SNR), Géorgie (SH), Illinois (S4), Indiana (S2), Iowa (S1), Kansas (S2S3), Kentucky (S4S5), Louisiane (S4), Michigan (SNR), Minnesota (SNR), Mississippi (S4), Missouri (S4), Nebraska (SNR), État de New York (SH), Ohio (SNR), Oklahoma (S4), Pennsylvanie (S1S3), Dakota du Sud (S3), Tennessee (S5), Texas (S3), Virginie Occidentale (S2), Wisconsin (S3).

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Déclin de la taille de la population inféré à cause du déclin de la zone d’occurrence.

v. Menaces : La pollution produite par l’agriculture et l’industrie, les changements des modèles d’utilisation des terres ainsi que les moules zébrées et les moules quagga, constituent les principales menaces.

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : Observations récentes à deux emplacements. Zone d’occurrence historique estimée à 9 600 km². Zone d’occurrence actuelle (fondée sur des mentions enregistrées depuis 1997) estimée à 60 km². Déclin de plus de 99 %.

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Les juvéniles immatures (glochidies) sont des parasites obligatoires d’hôtes vertébrés qui seraient le raseux-de-terre (Etheostoma nigrum), le crapet vert (Lepomis cyanellus), le crapet sac-à-lait (Lepomis gulosus), le crapet menu (Lepomis humilis), le crapet arlequin (Lepomis macrochirus) et la marigane blanche (Pomoxis annularis).

Allogona profunda **

ON

L’Allogona profunda est la seule espèce de gastéropode terrestre appartenant au genre Allogona qu’on retrouve dans l’est de l’Amérique du Nord. Au Canada, l’escargot-forestier A. profunda vit dans les boisés mésiques, mais seulement dans l’extrême sud de l’Ontario (écozone des plaines à forêts mixtes) où on l’a observé dans quelques sites seulement, dans les îles de la partie ouest du Lac Érié ou à proximité : Middle Sister (1915, 1996), Pelée (1918, 1936, 1992, 1994, 1995, 2006, 2008), Hen (1916), East Sister (1915), et North Harbour (1915), et pointe Pelée (1934, 1937, 1954, 1961, 1962, 1996, 2007), Oxley (1905, 1920), Leamington (pas de date), et Chatham (1930). Ces populations insulaires sont morphologiquement différentes (Clapp, 1916; Pilsbry, 1948) et probablement génétiquement différentes aussi des populations des États Unis les plus rapprochées. Tous les sites où l’on rencontre, ou rencontrait, l’espèce sont petits ou très petits : des îles minuscules (exception faite de l’île Pelée, l’île Middle Sister est la plus grande, environ 800 m x < 300 m) ou des parcelles d’habitat qui subsistent dans un paysage profondément transformé et dominé par l’occupation humaine. Les îles North Harbour, Hen et Middle Sister sont des propriétés privées, et ni l’espèce ni son habitat n’y sont protégés. Les populations sont protégées, dans une certaine mesure, sur l’île Pelée, dans les réserves naturelles provinciales de Stone Road Alvar et de Fish Point. Toutefois, la dégradation de l’habitat se poursuit, comme c’est le cas ailleurs. Le site de Stone Road Alvar fait périodiquement l’objet de brûlages dirigés, ce qui peut faire augmenter le taux de mortalité à cet endroit. Sur plusieurs des îles du lac Érié, il y a eu une importante augmentation de la nidification des Cormorans à aigrettes, et leur guano est non seulement en train de tuer la majorité de la végétation herbacée située en dessous, et même certains arbres, mais il modifie aussi incontestablement la composition chimique du sol et d’autres aspects de l’habitat. Étant donné la petitesse des îles, les oiseaux font face à de graves menaces écologiques (M. Oldham, comm. pers., 2010). Les organismes envahissants qui sont en compétition avec le A. profunda ou qui le dévorent, sont une menace, tout comme les espèces exotiques de vers de terre qui dégradent rapidement et radicalement les micromilieux qu’on retrouve dans la litière de la couverture morte. Aux États-Unis, l’espèce est répartie dans les Appalaches jusqu’au Wisconsin et au Nebraska et, vers le sud, jusqu’en Alabama. Elle est disparue de trois États du sud des États-Unis, et son aire de répartition est probablement en train de diminuer de façon généralisée.

i. Niveau taxinomique : Espèce

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 5 %

iii. Classement sur la liste rouge de l’UICN ou par NatureServe : classement mondial : G5; classements nationaux : N3N4 (Canada) – probablement trop faible, N5 (É. U.); classements subnationaux : Ontario (S2S3) – probablement trop faible, S2 conviendrait probablement mieux (M. Oldham, comm. pers., 2010), Alabama (SNR), Arkansas (SX), Illinois (SNR), Indiana (SNR), Iowa (SNR), Kansas (SNR), Kentucky (S4), Louisiane (SX), Maryland (SU), Michigan (SNR), Minnesota (SNR), Mississippi (SX), Missouri (SNR), Nebraska (SNR), New York (SNR), Caroline du Nord (SU), Ohio (SNR), Pennsylvanie (SNR), Tennessee (S4), Virginie (S4), Virginie-Occidentale (SNR), Wisconsin (SU) 

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Taille et tendance des populations inconnues. Perte substantielle de l’habitat initial. Sur les onze sites connus, quatre seulement ont fait l’objet d’observations depuis 1930, et un seul (ou deux), depuis 2000.

v. Menaces : Perte d’habitat et dégradation de l’habitat; parmi les menaces, on retrouve la destruction des forêts, le piétinement et les organismes envahissants, principalement des vers de terre, qui modifient la structure de la couverture morte et détruisent le micromilieu (litière de la forêt) dont l’espèce a besoin. Les gastéropodes terrestres à grande coquille, en général, subissent peut être un déclin dans la grande partie de leurs aires de répartition aux États-Unis, mais les raisons exactes du déclin restent inconnues. En raison des changements climatiques, l’expansion prévue de l’aire de répartition de l’espèce vers le nord sera en grande partie annulée par les pressions d’origine anthropique (Gibson et al., 2009), qui causent la perte et la dégradation de l’habitat initial (par les espèces envahissantes, dont les vers de terre).

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : Petite zone d’occurrence : on ne rencontre l’espèce que sur les îles Middle Sister et Pelée et dans quelques sites dans le comté d’Essex et à Chatham-Kent, le long de la rive du lac Érié. La zone d’occupation est beaucoup plus petite. L’aire de répartition de l’espèce est fragmentée et dispersée à cause des transformations d’origine anthropique des terres à des fins d’aménagement urbain et d’agriculture. 

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Les populations canadiennes vivent à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce; l’espèce a une faible capacité de dispersion; répartition fragmentée. L’effet d’une immigration de source externe (populations des États Unis) est peu probable, compte tenu de la capacité limitée des gastéropodes terrestres à se disperser rapidement sur de longues distances. Le lac Érié est considéré comme une barrière empêchant l’immigration à partir des États-Unis. 

Références
Clapp, G.H. 1916. Notes on the land-shells of the islands at the western end of Lake Erie and descriptions of new varieties, Annals of the Carnegie Museum 21 (3–4) : 532–540, pl. 32–36.

Gibson, S.Y., R.C. Van der Marel et B.M. Starzomski. 2009. Climate change and conservation of leading-edge peripheral populations, Conservation Biology, 23 (6), p. 1369-1373.

Oldham, M., comm. pers. 2010. Correspondance par courriel adressée à R. Forsyth, janvier 2010.

Pilsbry, H.A. 1948. Land Mollusca of North America (north of Mexico). Volume 2, Part 2. Academy of Natural Sciences of Philadelphia, Monograph 3 : i–xlvii + 521–1113.

Fisherola nuttalli *

BC

Cette patelle d’eau douce, endémique à l’échelle régionale et en péril à l’échelle mondiale, a été présente, dans le passé, presque partout dans le bassin du fleuve Columbia dans l’État de Washington, au Montana, en Oregon, dans l’Idaho et dans le sud de la Colombie-Britannique. C’est la seule espèce de Fisherola et, à l’échelle mondiale, le spécimen représentatif de son clade le plus au nord. Au Canada, l’espèce a été observée pour la première fois dans la rivière Wigwam, en 1863, par la British North American Boundary Commission (commission des frontières de l’Amérique du Nord). La population de la rivière Kootenay, en C.-B., est présumée disparue. Près de quatre décennies plus tard, une population a été redécouverte dans le fleuve Columbia (2009), non loin en aval de la fonderie de plomb-zinc à Trail (Duncan, comm. pers., 2009). La tolérance du Fisherola nuttalli en matière d’habitat n’est pas très grande. Il vit dans les rivières moyennes à grandes (de 30 à 100 m de largeur) et a besoin de cours d’eau froids, non pollués, à courant rapide et bien oxygénés et de substratums formés de blocs rocheux et de cailloux. On retrouve souvent l’espèce sur les bords des rapides. Le F. nuttalli est disparu de certains endroits et continue d’être menacé par la perte d’habitat et la dégradation de l’habitat causées par les barrages et les bassins de retenue qui réduisent le débit et le niveau de l’eau et intensifient la sédimentation et l’envasement; les prélèvements d’eau; et l’enrichissement en nutriments; les effluents chimiques et d’autres sortes de pollution causées par l’agriculture et l’industrie. Aux É.-U, la situation du F. nuttalli laisse à désirer (Xerces Society, 2009), et les grandes populations ne s’observent plus que dans quatre rivières : la partie inférieure de la rivière Deschutes (Oregon); la rivière Okanogan et le tronçon Hanford du fleuve Columbia (Washington); et la rivière Snake (Oregon et Idaho). Des petites populations se trouvent dans les rivières John Day et Imnaha, et près du barrage Bonneville, dans la partie inférieure du fleuve Columbia (Oregon); dans la rivière Methow (État de Washington); et dans la rivière Grande Ronde (Washington et Oregon). L’espèce est disparue du Montana. 

i. Niveau taxinomique : Espèce

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Peut-être 10 % (dans le passé)? Peut-être maintenant plus importante, à l’échelle mondiale, à cause de la perte des populations des États-Unis. 

iii. Classement sur la liste rouge de l’UICN ou par NatureServe : classement mondial : G2; classements nationaux : N1 (Canada), N2 (É.-U.); classements subnationaux : C. B. (SH), Idaho (S1), Montana (SXT), Oregon (S1S2), Washington (S2).

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Existence de la population du fleuve Columbia confirmée (2009), mais population probablement petite. Rivière Kootenay : population disparue.

v. Menaces : Les bassins de retenue, le réchauffement, l’enrichissement en nutriments et la pollution; la perte du substratum rocheux (envasement et sédimentation, et perte du substratum rocheux); les prélèvements d’eau.

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : La zone d’occupation, l’IZO et la zone d’occurrence sont probablement petits. 

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Faible tolérance en matière d’habitat. L’espèce vit dans les rivières moyennes à grandes (de 30 à 100 m de largeur), a besoin de cours d’eau froids, non pollués, à courant rapide et bien oxygénés et de substratums formés de blocs rocheux et de cailloux.

Références: 
Bill Duncan. 2009. Correspondance par courriel adressée à R. Forsyth, novembre 2009, Bill.Duncan@teck.com.

NatureServe. 2009. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web], Version 7.1. NatureServe, Arlington, Virginia, disponible à l’adresse : http://www.natureserve.org/explorer (consulté le 12 janvier 2010, en anglais seulement).

Xerxes Society. 2009. Disponible à l’adresse : http://www.xerces.org/giant-columbia-river-limpet/ (consulté en novembre 2009, en anglais seulement).

Mousses

Seligeria careyana *

BC

Le S. careyana est une très petite mousse appartenant à un genre qu’on retrouve habituellement sur les falaises et les corniches de calcaire. C’est une espèce endémique au Canada. On l’a décrite pour la première fois en 1976 en se basant sur des spécimens trouvés dans le nord-ouest de l’île Moresby (Haida Gwaii), en Colombie-Britannique. 

i. Niveau taxinomique : Espèce

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 100 % (endémique au Canada).

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : G1 (NatureServe - gravement en péril); classement national : N1; classement subnational : S1 (C.-B.).

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Seulement quatre emplacements connus; tous se trouvent dans le même secteur des îles de la Reine Charlotte (Haida Gwaii), où des spécimens sont prélevés fréquemment. 

v. Menaces : Inconnues. Un site se trouve toutefois près d’une ancienne mine à ciel ouvert, qui avait fermé ses portes en 1983; les prix des ressources à la hausse pourraient rendre possible la réouverture de la mine.

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : IZO de 16 km2 en fonction de quatre sites.

vii. Facteurs biologiques limitatifs : L’espèce ne pousse que sur les falaises de calcaire humides, qui sont rares sur les côtes de la Colombie-Britannique, à l’intérieur de l’aire de répartition possible de l’espèce, où les affleurements de calcaire ne sont que des îlots dans une mer de substratum principalement acide.

Crossidium seriatum **

BC

Le Crossidium seriatum est très répandu, mais de façon dispersée, dans l’ouest de l’Amérique du Nord. Il a été observé à trois emplacements en Colombie-Britannique et à moins de 30 emplacements ailleurs dans le monde : Arizona, Californie, Kansas, Nouveau-Mexique, Nevada, Mexique et Europe (Espagne, France, Suisse). 

i.  Niveau taxinomique : Espèce

ii.  Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : < 10 %

iii.  Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : G2

iv.  Taille et tendances des populations canadiennes : Observé dans trois sites seulement au Canada, tous se trouvant dans la région de l’Okanagan (Kamloops, Penticton et Lillouet), en Colombie Britannique. Les tendances des populations sont inconnues, mais l’habitat de l’espèce est très vulnérable aux perturbations anthropiques. L’espèce est très petite et ne forme pas de grandes colonies; on retrouve souvent des spécimens individuels. 

v.  Menaces : Aménagement de vignobles, substratum limité, exploitation minière du gypse, véhicules hors route, construction d’habitations. 

vi.  Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : IZO de 12 km2. 

vii.  Facteurs biologiques limitatifs : Les besoins très spécifiques de l’espèce en matière de substratum limitent la zone qu’elle peut occuper. On retrouve souvent la mousse sur le bord de ravins profonds, entrecoupés de cours d’eau intermittents. L’espèce a besoin de sols gypsifères très secs, d’argile ou de limon. On ne la retrouve jamais en abondance; elle forme de très petites colonies irrégulières. On peut aussi trouver des spécimens individuels incrustés dans le substratum.

Gollania turgens **

YT, BC

Le Gollania turgens a été observé dans deux sites au Canada et à moins de dix sites en Amérique du Nord (tous les sites à l’extérieur du Canada se trouvent en Alaska). Ailleurs dans le monde, l’espèce a été observée en Chine, au Japon, au Népal et en Russie.   

i. Niveau taxinomique : Espèce

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : < 5 %

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : G2

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Observé à deux sites seulement, où il y a des affleurements de calcaire. Un emplacement se trouve près d’une mine de cuivre sur l’île Moresby, dans les îles de la Reine-Charlotte, en C.-B. Le site au Yukon est éloigné et n’est pas protégé, mais aucune menace n’est connue. 

v. Menaces : Actuellement, les menaces semblent minimes, à moins que la mine de cuivre située non loin, sur l’île Moresby, ne soit étendue à la zone occupée. Toutefois, puisque seulement deux populations sont connues, l’occurrence de l’espèce au Canada est aussi en péril à cause des phénomènes naturels pouvant causer la disparition d’une espèce, tels les glissements de terrain.

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : IZO de 8 km2 en fonction de deux sites au Canada. 

vii. Facteurs biologiques limitatifs : L’espèce ne semble pas être capable de reproduction sexuée en Amérique du Nord; la production de spores n’ayant pas été observée en Amérique du Nord, la dispersion est donc très limitée et se fait localement seulement. L’espèce a besoin de milieux de calcaire, qui sont rares sur les côtes de la Colombie-Britannique, à l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèce, où les affleurements de calcaire ne sont que des îlots dans une mer de substratum principalement acide.

Brachydontium olympicum **

BC

L’aire de répartition du Brachydontium olympicum (syn. Grimmia olympica) se trouve dans le Pacifique Nord, et l’espèce a été observée en Alaska, en Colombie-Britannique, dans l’État de Washington, en Oregon et au Japon. En Colombie-Britannique, on l’a aperçue dans trois sites seulement, dans le parc provincial Garibaldi et les montagnes North Shore. Ailleurs en Amérique du Nord, sa présence est connue dans six sites : en Alaska, dans l’État de Washington et en Oregon (mont Olympus [emplacement type], mont Rainier, mont Baker, mont Hood, mont Harbor). On croit que la population qui se trouvait sur le mont St. Helens est disparue à la suite d’une éruption volcanique. 

i.  Niveau taxinomique : Espèce 

ii.  Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Trois des huit sites connus en Amérique du Nord se trouvent en Colombie-Britannique. 

iii.  Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : G2.

iv.  Taille et tendances des populations canadiennes : Inconnues; il n’y a que trois emplacements connus actuellement en Colombie-Britannique. L’espèce existe sous forme de petites colonies (habituellement < 10 cm2) ou grappes de spécimens. 

v.  Menaces : Répercussions liées aux activités récréatives, telles que la randonnée et l’entretien ou l’aménagement de sentiers. Construction de pylônes de téléphonie cellulaire ou de pylônes hertziens. L’augmentation de l’activité volcanique (aux États-Unis) pourrait causer la perte de sites connus. 

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : IZO : 12 km2 fondé sur trois emplacements. 

vii.  Facteurs biologiques limitatifs : La petite espèce a besoin de parcelles de sol mince non occupées sur de la roche généralement volcanique à haute altitude (des hautes zones subalpines jusqu’aux zones alpines).

Oiseaux

Contopus virens *
Pioui de l'Est
SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE

i. Niveau taxinomique : Espèce – une seule unité désignable (UD)

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Environ 11 % de l’aire de reproduction mondiale se trouve au Canada, ce qui représente 9 % de la population reproductrice. Le reste se trouve dans l’est des États-Unis. 

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : Classement par NatureServe : G5 (en sécurité); classement par l’UICN : lc (Least Concern), préoccupation mineure. Statut général : 4 (en sécurité) pour toutes les provinces et territoires au Canada. 

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Selon une estimation grossière, la population s’établit approximativement à 525 000 individus au Canada. Les résultats du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) montrent un déclin annuel moyen significatif de 4,8 % au Canada depuis 1968 (ce qui correspond à une perte de 85 % sur toute la période évaluée), et les populations subissent un déclin dans toutes les provinces. Les déclins se sont poursuivis dans la période 1998-2008 à un taux de 4,5 % par année (ce qui correspond à une perte de population de 36 % sur 10 ans ou 3 générations). Les tendances établies par le BBS pour l’aire de répartition mondiale de l’espèce (Canada et États Unis) montrent un déclin significatif de 1,62 % pendant la période 1997-2007 (déclin global de 14 %), avec un déclin plus marqué au Canada qu’aux États-Unis. L’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario montre une perte de 15 % de la zone d’occupation, au cours des 20 dernières années, dans la portion sud du Bouclier. 
 
v. Menaces : On ne connaît pas la ou les causes du déclin des populations, mais le même déclin touche un grand nombre d’autres espèces d’insectivores aériens (Hirondelles, Martinets, Engoulevents, Engoulevents bois-pourri et Tyranneaux). La guilde au complet est probablement menacée par les changements dans l’abondance ou la disponibilité saisonnière des insectes volants. Par ailleurs, l’étendue et la qualité de l’habitat d’hivernage forestier du Pioui de l’Est en Amérique du Sud subissent aussi un déclin. 

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : sans objet

vii. Facteurs biologiques limitatifs : régime alimentaire spécial (principalement des insectes volants); oiseau qui migre sur de longues distances (migrateur néotropical)

Phalaropus lobatus **
Phalarope à bec étroit
YT, NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, NL

i. Niveau taxinomique : Espèce – une seule unité désignable (UD)

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Environ 74 % de l’aire de reproduction nord-américaine et 60 % de la population mondiale se trouvent au Canada. 

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : Classée comme espèce très préoccupante par le Comité technique sur les oiseaux de rivage d’Environnement Canada; classée comme espèce modérément préoccupante (Moderate Concern) dans le Plan canadien de conservation des oiseaux de rivage et le U.S. Shorebird Conservation Plan. Classement sur la liste rouge de l’UICN : Least Concern, préoccupation mineure, vraisemblablement à cause de la grande population mondiale (pour un oiseau de rivage) et de l’aire de reproduction étendue.

iv. Taille et tendances des populations : Population estimée à environ 2,5 millions d’individus. À certains sites de l’est de l’Arctique canadien, la population reproductrice a diminué de 95 % de 1981 aux années 1990. Il y a eu déclin apparent des effectifs du Phalarope à bec étroit dans le bassin de Rasmussen, au Nunavut, entre les années 1970 et les années 1990, et à l’île Southhampton, où l’oiseau était abondant dans les années 1930 et où il n’est plus présent de nos jours. Des études effectuées en Alaska montrent des tendances contradictoires. Une analyse de la liste des oiseaux observés au Québec entre 1976 et 1998 a permis de découvrir une forte corrélation négative entre le nombre d’individus qui migrent et le temps. Dans la baie de Fundy, le nombre total d’oiseaux se rassemblant, durant la migration d’automne, a diminué d’environ un million d’individus dans les années 1980 à quelques milliers actuellement (le plus important déclin étant survenu entre les années 1980 et les années 1990). Certains signent portent à croire qu’il y a eu redistribution d’un pourcentage de cette population, étant donné que des individus sont de nos jours présents au large de la baie. Il n’existe aucune donnée sur les tendances hivernales, sauf à l’échelle internationale, où des données anecdotiques suggèrent fortement que les oiseaux en migration printanière sont disparus du large des côtes du Japon (des bandes d’au plus 100 000 individus au printemps dans les années 1980 ne semblent plus compter que quelques centaines, voire quelques dizaines, d’individus).

v. Menaces : Le petit oiseau de rivage passe jusqu’à neuf mois par année en mer, où il se nourrit d’invertébrés, tels des copépodes, dans les fronts, convergences et autres discontinuités océanographiques. Un fort El Niño peut entraîner le jeûne chez les individus en hivernage. On suppose que les déclins observés à la baie de Fundy (voir ci-dessus) découlent d’une diminution de 90 % de l’abondance des copépodes, la nourriture préférée du Phalarope à bec étroit, à cet endroit. Espèce très sensible à la disponibilité des ressources alimentaires pélagiques pendant la migration et affectée par le climat pendant l’hiver. 

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie :  

vii. Facteurs biologiques limitatifs :

Aechmophorus occidentalis **
Grèbe élégant
BC, AB, SK, MB

Le Grèbe élégant présente un comportement grégaire à l’année longue; il se reproduit en colonies près des lacs marécageux dans les prairies canadiennes et passe l’hiver regroupé en grandes bandes, principalement sur la côte pacifique. Il se nourrit d’une grande variété de poissons; sur la côte de la C.-B., il est particulièrement attiré par les concentrations de harengs.  

i.  Niveau taxinomique : Espèce – une seule unité désignable (UD)

ii.  Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : environ 30 %.

iii.  Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : Classement par NatureServe : en sécurité; classement par l’UICN : lc (Least Concern), préoccupation mineure.

iv.  Taille et tendances des populations canadiennes : Selon une estimation grossière, la population s’établit approximativement à 10 000 individus adultes au Canada. Les données du Recensement des oiseaux de Noël (CBC) sur l’aire d’hivernage canadienne indiquent un déclin d’environ 90 % au cours des 20 dernières années (ce qui correspond à environ trois générations). Les données du CBC pour l’ensemble de l’aire d’hivernage (Canada, États-Unis et nord du Mexique) montrent un déclin annuel de 4,4 % au cours des 40 dernières années, ce qui correspond à une perte de 83 % de la population. Les données relatives aux aires de reproduction sont rares. Cependant, des données provenant de l’Alberta semblent indiquer que des lacs ayant déjà accueilli plus de 500 couples chacun, n’en accueillent plus que de 100 à 500.  
 
v.  Menaces : Stocks de harengs en déclin dans les aires d’hivernage; perturbation croissante des aires de reproduction; baisse des niveaux d’eau dans les aires de reproduction.

vi.  Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie :    

vii.  Facteurs biologiques limitatifs : L’espèce se reproduit en colonies; forme de grandes bandes pour se nourrir pendant l’hiver.

Riparia riparia *
Hirondelle de rivage
YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

i.Niveau taxinomique : Espèce – une seule unité désignable (UD)

ii.Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Environ 45 % de l’aire de reproduction nord-américaine se trouve au Canada, ce qui correspond à 33 % de la population reproductrice du continent. Le restant se trouve aux É.-U. Cette espèce est aussi très répandue en Eurasie (le Canada accueille environ 10 % de la population reproductrice mondiale). 

iii.Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : Classement NatureServe : G5 (en sécurité); classement par l’UICN : lc (Least Concern), préoccupation mineure. Statut général : 4 (en sécurité) pour toutes les provinces et territoires au Canada en 2005, sauf pour les T.N. O. et le N.-B. (3 = sensible).  

iv.Taille et tendances des populations canadiennes : Selon une estimation grossière, la population s’établit approximativement à 4,6 millions d’individus au Canada. Des déclins marqués se sont produits subitement et de façon généralisée, dès le milieu des années 1980. Les résultats du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) montrent un déclin annuel moyen significatif de 5,1 % au Canada pour la période 1968 2008 (ce qui correspond à une perte globale de 88 %), et les populations subissent un déclin depuis longtemps dans toutes les provinces, sauf en C.-B. Les déclins se sont poursuivis durant la période 1998-2008, avec, en moyenne, un déclin de 4,9 % par année (ce qui correspond à une perte globale de 42 % sur 10 ans ou 3 générations). Les déclins sont plus marqués au Canada qu’aux É.-U. L’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario montre une perte statistiquement significative de 45 % de la zone d’occupation sur 20 ans. L’Atlas des oiseaux nicheurs des Maritimes montre des déclins similaires. 

v.Menaces : On ne connaît que partiellement les causes du déclin, mais le même déclin touche d’autres espèces d’insectivores aériens (Hirondelles, Martinets, Engoulevents, Engoulevents bois-pourri et Tyranneaux). La guilde au complet est peut-être menacée par les changements dans l’abondance ou la disponibilité saisonnière des insectes volants. Les changements à l’échelle du paysage ont réduit l’étendue des milieux dégagés où se nourrit l’Hirondelle de rivage. Les collisions avec les véhicules, le nombre élevé d’ectoparasites et la sensibilité de l’espèce aux extrêmes de précipitations et de températures sont des causes de mortalité. L’utilisation de pesticides dans les aires d’hivernage pourrait également être une cause du déclin de la productivité et de la survie de l’espèce. 

vi.Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : sans objet

vii.Facteurs biologiques limitatifs : régime alimentaire spécial (comprenant exclusivement des insectes volants); oiseau qui migre sur de longues distances; espèce très coloniale et très sociale; habitat de nidification spécial (bancs de sable et talus).

Hylocichla mustelina *
Grive des bois
ON, QC, NB, NS

La Grive des bois est un oiseau migrateur néotropical qui se reproduit dans les forêts humides décidues et mixtes de l’est du Canada. 

i. Niveau taxinomique : Espèce – une seule unité désignable (UD)

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Environ 16 % de l’aire de reproduction et 6 % de la population reproductrice mondiale se trouvent au Canada. La majeure partie de l’aire de répartition se trouve aux États-Unis; elle s’étend des États du golfe du Mexique jusqu’au Canada et de l’ouest des grandes plaines jusqu’à la côte atlantique. 

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : Classement mondial par NatureServe (dernier examen en 2000) : G5 (en sécurité); classement par l’UICN (dernier examen en 2001) : lc (Least Concern), préoccupation mineure. Statut général (en date de 2005) : 4 (en sécurité) pour l’Ontario, le Québec et la Nouvelle-Écosse; et 2 (possiblement en péril) pour le Nouveau-Brunswick.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Selon une estimation grossière, la population serait d’environ 60 000 à 100 000 individus au Canada. Les données à long terme du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) montrent un déclin significatif de 4,3 % par année pour la période 1968 2008, ce qui correspond à une perte de 83 % de la population. Les données à court terme du BBS montrent un déclin significatif de 5,9 % par année pour la période 1998 2008, ce qui correspond à une perte de 46 % de la population au cours des 10 dernières années ou des 3 dernières générations. L’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario montre une perte de 7 % de la zone d’occupation, au cours des 20 dernières années. 

v. Menaces : Perte d’habitat et fragmentation de l’habitat dans l’aire de reproduction et l’aire d’hivernage. Le parasitisme par le vacher constitue aussi une menace dans certaines portions de l’aire de répartition.  

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : 

vii. Facteurs biologiques limitatifs :

Ptychoramphus aleuticus **
Starique de Cassin
BC

Le Starique de Cassin est un petit oiseau de mer du Pacifique Nord. Il se reproduit dans des terriers, dans les fissures des roches, ou sous les racines des arbres et les grumes dans certaines îles situées au large, de l’Alaska au Mexique. L’oiseau passe la majeure partie de sa vie en mer, habituellement bien au large, où il se nourrit de crustacés, de calmars et de petits poissons.   

i. Niveau taxinomique : Espèce – une seule unité désignable (UD)

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Environ 25 % de l’aire de reproduction se trouve au Canada (le reste se trouve dans l’ouest des États-Unis, depuis l’Alaska jusqu’en Californie, et dans la Basse-Californie, au Mexique); et environ 80 % de la population reproductrice mondiale est au Canada. On pense que les populations reproductrices de la C.-B. et de l’Alaska hivernent le long du rebord de la plateforme continentale, au large de la côte, dans le nord de la Californie. 

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : Classement sur la liste rouge de l’UICN : Least Concern, préoccupation mineure; classement dans le North American Waterbird Conservation Plan : Moderate Concern, préoccupation moyenne; classement provincial (C. B.) : Special Concern, espèce préoccupante (liste bleue); classement dans le Alaska Seabird Conservation Plan : High Concern, espèce très préoccupante.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Plus de 40 % de la population canadienne se reproduit à une colonie – l’île Triangle, dans l’archipel des îles Scott – qui accueillait, selon les estimations, 547 000 couples de stariques à la fin des années 1980. Des dénombrements effectués à l’île Triangle montrent un déclin de -2,3 % par année pour la période 1984-2004, ce qui correspond à un déclin de 37 % sur 20 ans. Même si on a observé une certaine stabilisation des effectifs entre 1999 et 2004, l’année 2005 a été la pire année de reproduction enregistrée, et les effectifs continuent à diminuer depuis. À la deuxième plus grande colonie – l’île Sartine, aussi dans l’archipel des îles Scott – la population reproductrice a diminué, entre 1989 et 2006, du même ordre de grandeur qu’à l’île Triangle. Des déclins ont également été observés dans certaines des plus petites colonies surveillées à Haida Gwaii. 

v. Menaces : Perte et dégradation de l’habitat de reproduction causées par l’introduction de mammifères prédateurs, mortalité dans les filets maillants et pollution par les hydrocarbures. Plus récemment, le réchauffement océanique a entraîné de fréquents échecs de reproduction en raison du manque de synchronisme avec les importantes espèces qui servent de proies au Starique de Cassin; taux de mortalité extrêmement élevé, particulièrement chez les femelles, pendant et après les phénomènes climatiques extrêmes; et, probablement, perte de l’habitat de reproduction préféré (deschampsie cespiteuse) dans les colonies à cause du réchauffement climatique. 

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : 

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Le Starique de Cassin est un oiseau très colonial, et une importante partie de la population mondiale se reproduit seulement à un petit nombre de sites. Il se rassemble aussi parfois en grandes bandes pour se nourrir. L’oiseau présente un faible taux de reproduction et une maturité tardive, et le taux de survie annuel des adultes est faible comparativement à celui d’autres oiseaux de mer.

Plantes vasculaires

Braya pilosa *
Braya poilu
NT

Le Braya poilu est une espèce endémique extrêmement rare, qu’on retrouve dans les Territoires du Nord-Ouest du Canada. Il s’agit probablement de l’espèce nord-américaine la plus distincte d’un genre difficile sur le plan taxinomique. L’évolution du genre est étroitement liée à l’hybridation et à la polyploïdie, mais l’histoire phylogénétique n’est pas claire, parce que la diploïdie n’a jamais été observée chez le genre Braya. Certaines preuves semblent indiquer que le B. pilosa pourrait être diploïde et qu’il aurait pu jouer un rôle essentiel dans l’évolution du genre. 

i. Niveau taxinomique et nombre d’unités désignables (UD) : Espèce – acceptée par Flora of North America; une seule unité désignable (UD) – Arctique.

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 100 %. Endémique aux Territoires du Nord-Ouest. 

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : Classement mondial : G1 (gravement en péril); statut général au Canada : GS2 (possiblement en péril). 

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Plusieurs centaines de B. pilosa ont été découverts sur le sol calcaire sableux, le long de la côte, dans une région très fréquentée par les caribous. On ne connaît pas les tendances des populations. L’espèce a été récoltée quatre fois, la première fois en 1828 et la dernière, en 2004. On croit que tous les spécimens récoltés proviennent du même emplacement. Le B. pilosa ne pousse probablement que dans cet emplacement type.

v. Menaces : Les menaces comprennent l’érosion accrue des côtes (documentée) causée par le recul de la glace de mer, et la dégradation du pergélisol. Le site se trouve le long du passage du Nord-Ouest, et la baie Harrowby et la péninsule du cap Bathurst pourraient faire l’objet d’une augmentation des activités humaines liée à la navigation et à l’exploration pétrolière et gazière. Le site, une propriété privée qui appartient aux Inuvialuits, est aussi une aire de mise bas pour un petit troupeau de caribous dont le nombre est en train de diminuer. L’aide du Sous comité des connaissances traditionnelles autochtones (CTA) pourrait s’avérer nécessaire pour planifier des travaux sur le terrain et pour obtenir des permis. 

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : Fondée sur un seul emplacement (secteur de la péninsule de Bathurst), la zone d’occurrence est d’environ 1 300 km²; on estime que l’IZO est de 4 km2.

vii. Facteurs biologiques limitatifs : L’aire de répartition très restreinte de l’espèce pourrait être reliée à son degré de ploïdie. Il est probable qu’elle ne puisse pas bien supporter les grandes perturbations.

Références 

Harris, J.G. 2004. Pilose Braya, Braya pilosa Hooker (Cruciferae: Brassicaceae), an enigmatic endemic of Arctic Canada, Canadian Field-Naturalist, vol. 118, n° 4, p. 550-557.

Harris J.G. Braya. Flora of North America (à l’impression).

Symphyotrichum nahanniense *
Aster de Nahanni
NT

L’aster de Nahanni (anciennement Aster nahanniensis) est une plante rare endémique qu’on trouve seulement dans la réserve de parc national du Canada Nahanni, dans les Territoires du Nord-Ouest. L’espèce pourrait être considérée comme une « relique de l’âge glaciaire », car elle poussait dans les milieux de sources thermales du secteur de Nahanni, à mesure qu’ils devenaient libres de glace il y a environ 12 000 ans, alors que d’autres zones étaient encore recouvertes de glace. L’espèce est mentionnée dans le document de statut de l’UICN portant sur les sites du patrimoine mondial. 

i. Niveau taxinomique et nombre d’unités désignables (UD) : Espèce – acceptée par Flora of North America (FNA); une seule unité désignable (UD) – Arctique
L’espèce était comprise dans le Symphyotrichum falcatum (dans var. commutatum), mais était apparentée au S. boreale et au S. welshii (Brouillet et al., 2006, Owen et al., 2006). Kartesz (1999) inclut le Aster nahanniensis dans la synonymie du Symphyotrichum falcatum var. commutatum, mais la reconnaîtra comme une espèce distincte (Symphyotrichum nahanniense) dans la prochaine publication. 

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 100 %. Espèce endémique aux Territoires du Nord-Ouest. 

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale :  
NatureServe, classement mondial : G1G2
NatureServe, classement national (Canada) : N1N2
NatureServe, classement subnational (Nt) : S1S2
Statut général au Canada : L’espèce n’était pas incluse dans Les espèces sauvages 2005, mais le sera dans Les espèces sauvages 2010 (à venir); elle sera classée comme étant possiblement en péril.
Statut général dans les T.N. O. : Espèce incluse dans le document intitulé NWT Species 2006-2010 et elle sera aussi incluse dans le document intitulé NWT Species 2011-2015, où elle sera classée comme étant possiblement en péril.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Cinq sites sont connus :
Sources thermales Old Pots  
Sources thermales Rabbitkettle, le plus grand amoncellement de tuf au Canada
Sources thermales Thirteen Steps 
Sources thermales Wildmint  

Le cinquième site est situé à proximité d’une autre source thermale de la réserve de parc national du Canada Nahanni, mais aucune précision n’est disponible pour l’instant. L’observation d’un petit spécimen provenant de ce site a été confirmée par John Semple. On a compté plus de 1 000 pousses aux sources thermales Wildmint. M. Semple a des notes détaillées sur la répartition des pousses et leur nombre aux quatre sites visités et dispose d’un grand nombre de photographies numériques pour chaque site. Le cinquième site dans le parc où l’on trouve le Symphyotrichum nahanniense n’a pas été visité par M. Semple. Ce dernier est prêt à faire tout ce qu’il peut pour que le rapport soit fait, particulièrement en ce qui concerne les observations sur le terrain, les photographies et les précisions taxinomiques. 

v. Menaces : L’espèce dépend du système d’eau souterraine hydrothermale des amoncellements de tuf en terrasses. Les amoncellements en terrasses constituent des milieux précaires composés de carbonate de calcium fragile, qui sont sujets aux changements dans les précipitations (changements climatiques). L’activité humaine constitue une importante menace directe pour ces sites importants. Un amoncellement a déjà été modifié, ce qui a entraîné la fermeture de l’accès au site. Un programme de surveillance des amoncellements de tuf est en train d’être mis sur pied de concert avec Parcs Canada afin de s’assurer que les changements de la structure des amoncellements de tuf respectent les niveaux acceptables.

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : Espèce observée à seulement cinq sites dans une petite zone de la réserve de parc national du Canada Nahanni.

vii. Facteurs biologiques limitatifs : L’aster de Nahanni ne se trouve que dans les amoncellements de sphaignes ou le tuf, le sable et le gravier non consolidés, le long des bords des cours d’eau ou des suintements, à proximité des sources thermales ou sous les sources thermales dans la réserve de parc national du Canada Nahanni. 

Références

Brouillet, L., J.C. Semple, G.A. Allen, K. Chambers et S. Sundberg. 2006. Symphyotrichum Nees. pp. 2006. In Flora North America Editorial Committee (dir. de publ.). Flora of North America. Vol. 20. Asteraceae, Part 2. Astereae and Senecioneae. New York, Oxford University Press.

Gouvernement des T.N.-O. Environment and Natural Resources – Nahanni Aster, disponible à l’adresse : http://www.enr.gov.nt.ca/_live/pages/wpPages/Nahanni_Aster.aspx (en anglais seulement).

Nahanni National Park Reserve, Management Planning Newsletter, n° 2, janvier 2010.

Owen, E., J.C. Semple et B.B. Baum. 2006. A multivariate morphometric analysis of the Symphyotrichium boreale – S. nahanniense – S. welshii complex (Asteraceae: Astereae), Rev. can. bot. (2006), n° 84, p.1282-1297.

Micranthes spicata *
Saxifrage à épis
YT

La saxifrage à épis est une espèce endémique au Yukon et à l’Alaska, et la plus grande partie de son aire de répartition se trouve en Alaska. Récemment redécouverte après une absence de 110 ans, cette grande plante remarquable (pouvant atteindre jusqu’à 70 cm de hauteur) est facile à repérer. Plusieurs relevés ont été effectués au cours des dernières années. À ce jour, une seule population a été trouvée au Canada.

i. Niveau taxinomique et nombre d’unités désignables (UD) : Espèce, acceptée par Flora of North America – une seule unité désignable (UD) – montagnes du Nord 

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 10 %. Espèce endémique au Yukon et à l’Alaska

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : Classement mondial : G3G4; classement national : N1 (Canada), S3S4 (Alaska); statut général au Canada : GS2 (possiblement en péril). N’est pas mentionnée dans la LEP. Au Canada, le Yukon est le seul, parmi tous les territoires et provinces, qui n’a pas de loi sur les espèces en péril.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : On ne sait rien sur la tendance de la seule population.

v. Menaces : L’exploration et l’exploitation minières constituent probablement les plus grandes menaces. On retrouve les populations dans les secteurs d’intenses activités d’exploitation minière, où les individus poussent le long des cours d’eau, souvent dans des fourrés. L’accumulation de sédiments ou le changement du débit d’eau sont probablement les plus importantes menaces à cause de la présence de l’espèce dans les secteurs de faible altitude où il y a très forte activité d’exploitation des placers.

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : Une seule population est connue au Canada.

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Le milieu spécialisé se trouvant le long des cours d’eau est souvent perturbé par les activités minières. 

Références

Bennett, B.A., et S. Withers. Spiked Saxifrage (Saxifraga spicata D. Don) Rediscovered in Canada After 110 Years, (à l’impression).

Cody, W.J. 1996. The Flora of the Yukon Territory: additions, range extensions and comments, Canadian Field-Naturalist, vol. 108, n° 4, p. 428-476.  

Douglas, G.W., G.W. Argus, H.L. Dickson et D.F. Brunton. 1981. Les plantes vasculaires rares du Yukon, Musée national des sciences naturelles, Ottawa, 64 p.

Hultén, E. 1968. Flora of Alaska and neighboring territories, Palo Alto (Californie), Stanford Univ. Press, 1 008 p. 

Parker, C.L. 1995. Status and trends survey of Category 2 plants in the Yukon-Charley Rivers National Preserve, Alaska. Rapport non publié, préparé pour le National Biological Service, U.S. Dept. Interior, Washington, D.C.

University of Alaska, Museum of the North. 2009. Base de données Arctos, disponible à l’adresse : http://arctos.database.museum/SpecimenResults.cfm (consultée le 8 janvier 2009, en anglais seulement) Fairbanks (Alaska).

Podistera yukonensis **
Podistère du Yukon
YT

Le P. Yukonensis est une espèce endémique à la région du cours supérieur de la rivière Yukon, entre Carmacks, au Canada, et Circle, en Alaska. On ne connaît que dix populations dans le monde entier, et six d’entre elles se trouvent au Canada. Peu de relevés ont été effectués dans le but de chercher expressément le podistère du Yukon, toutefois, en raison de la spécificité de son habitat et de la taille extrêmement limitée de son aire de répartition, on s’attend à trouver très peu de nouvelles populations. Des relevés intensifs effectués récemment en Alaska n’ont pas permis de trouver de nouvelles populations. Compte tenu de la répartition limitée de l’espèce, la perte d’une seule population pourrait avoir des répercussions sur sa survie.

i. Niveau taxinomique et nombre d’unités désignables (UD) : Espèce, (le genre ne compte que quatre espèces – toutes se trouvent en Amérique du Nord) – une seule unité désignable (UD) – montagnes du Nord.

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 60 %. Espèce endémique au Yukon et à l’Alaska.

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : Classement mondial : G2; classements nationaux : N1 (États-Unis), N1 (Canada); statut général au Canada : GS2 (possiblement en péril). Au Canada, le Yukon est le seul, parmi tous les territoires et provinces, qui n’a pas de loi sur les espèces en péril.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : On pense que les populations sont stables, parce qu’elles se trouvent dans des milieux stables non perturbés et dans des régions éloignées.

v. Menaces : L’exploration et l’exploitation minières constituent probablement les plus grandes menaces. On retrouve les populations dans des secteurs d’intenses activités d’exploitation minière. Une seule des populations connues se trouve dans une zone protégée (parc territorial Tombstone).

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : La zone d’occurrence mondiale est d’environ 18 000 km² et couvre une distance de 400 km entre Eagle, en Alaska, et Carmacks, au Yukon. La zone d’occurrence canadienne est d’environ 12 000 km². 

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Spécificité de l’habitat (l’espèce pousse sur les affleurements rocheux stables). Les populations sont séparées par la forêt boréale. Les plantes ont évolué dans la steppe de la Béringie au cours du Pléistocène et sont probablement mal adaptées pour disperser leurs graines jusque dans les sites non occupés. 

Références

Batten, A.R., D.F. Murray et J.C. Dawe. 1979. Threatened and endangered plants in selected areas of the BLM Fortymile Planning Unit, Alaska, BLM-Alaska Tech. Rep. 3, Bureau of Land Management, Alaska State Office, Anchorage, 127 p.

Cody, W.J. 1994. The flora of the Yukon Territory: additions, range extensions and comments, Canadian Field-Naturalist, vol. 108, n° 4, p. 428-476.

Cody, W.J. 1996. The Flora of the Yukon Territory, Ottawa (Ontario), National Research Council Press (NRC), 643 p.

Douglas, G.W., G.W. Argus, H.L. Dickson et D.F. Brunton. 1981. Les plantes vasculaires rares du Yukon, Musée national des sciences naturelles, Ottawa, 64 p.

Hulten, E., 1968, Flora of Alaska and neighboring territories, Palo Alto (Californie), Stanford Univ. Press, 1 008 p.

Kartesz, J.T. 1999. A synonymized checklist and atlas with biological attributes for the vascular flora of the United States, Canada, and Greenland, première edition, in : Kartesz, J.T., et C.A. Meacham, Synthesis of the North American Flora, Version 1.0., North Carolina Botanical Garden, Chapel Hill (Caroline du Nord).

Murray, D.F., et R. Lipkin. 1987. Candidate threatened and endangered plants of Alaska with comments on other rare plants, Fairbanks, Univ. Alaska Museum, 76 p.

Parker, C.L. 1995. Status and trends survey of Category 2 plants in the Yukon-Charley Rivers National Preserve, Alaska. Rapport non publié, préparé pour le National Biological Service, U.S. Dept. Interior, Washington, D.C.

Cistanthe tweedyi **
Cistanthe de Tweedy
BC

La plante herbacée très remarquable ne pousse que sur une seule crête subalpine située dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique (C.-B.), dans un parc provincial. Les données actuellement disponibles indiquent que l’espèce est peut-être en voie de disparition selon le critère D1. La seule population connue en C. B. est accessible à pied. Des relevés exhaustifs en haute altitude sont nécessaires pour assurer un effort de recherche adéquat.

i. Niveau taxinomique : Espèce à part entière

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : < 1 %

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : Classement mondial : G3; classement national : N1; classement subnational : S1 (C.-B.), n’a jamais été observé dans une autre province ou un autre territoire. Statut général au Canada : sensible. Statut selon le cadre de conservation en C.-B. : niveau 2.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Selon les meilleures données disponibles, la population canadienne serait composée de plusieurs « touffes ». On ne possède aucune donnée sur la tendance des populations. REMARQUE : Information fournie par Bruce Bennett. [Traduction] « Supposément près de la frontière sur le sentier Monument 83. Espèce rare et protégée dans le parc et en C.-B., Chaînon Hozameen. Pentes dégagées ou boisées. La découverte de l’espèce est indiquée dans Syesis, vol. 7, 1974. Au dernier dénombrement, il ne restait que trois individus ». Herbier du Royal British Columbia Museum, n° 66213.

v. Menaces : Récolte, piétinement.

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : On estime que la superficie réellement occupée est inférieure à 100 m2. Indice de la zone d’occupation (IZO) = 1 km2, si on considère qu’une grille de 1 km convient le mieux pour l’espèce. 

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Faible probabilité d’immigration de source externe ou de dispersion. L’espèce est peut-être limitée par sa faible capacité de dispersion. Le climat limite probablement l’espèce (qu’on retrouve généralement dans le sud) au sud de la Colombie Britannique, où les températures hivernales en altitude demeurent relativement modérées. 
 
Références
Centre de données sur la conservation de la Colombie Britannique, base de données HERB

Arnica griscomii **
Arnica de Griscom
QC, NL

L’Arnica de Griscom est une herbacée vivace remarquable de la famille des Astéracées, qui pousse seulement dans les sols calcaires, soit dans les landes ou sur les pentes. Elle a besoin de milieux dégagés et sans arbres. L’espèce est endémique à la région du golfe du Saint-Laurent; on l’a observée à sept emplacements, dont quatre à Terre-Neuve-et-Labrador et trois au Québec. Près de 500 km d’océan séparent les populations de Terre-Neuve de celles du Québec. À Terre-Neuve-et-Labrador, la sous espèce n’est présente que dans la partie insulaire de la province.  

i. Niveau taxinomique : Sous-espèce

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 100 %

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : Classement mondial : G5T2; classement national : N2; classement subnational : S1 (T. N.-L.), S1 (Qc). Statut général : possiblement en péril à T. N.-L., en péril au Qc.  

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Dix-neuf observations ponctuelles ont été effectuées à Terre-Neuve-et-Labrador; toutefois, certaines d’entre elles sont si proches les unes des autres qu’on peut les regrouper en quatre emplacements situés dans deux secteurs : une montagne dans le parc national du Canada du Gros-Morne (un emplacement) et la région de Port au Choix et de la baie St. John (trois emplacements). Deux des emplacements de la région de Port au Choix et de la baie St. John (île St. John et Doctor Hill) sont des emplacements historiques. Au cours d’une visite à l’île St. John il y a environ 10 ans, aucun spécimen de la sous-espèce n’a été trouvé, mais on doit prendre en compte que l’emplacement exact, où la sous-espèce avait été trouvée la première fois, n’était pas connu. L’emplacement à Doctor Hill n’a pas été revisité depuis, mais en l’absence de menaces connues, on pense que la population existe encore. La majeure partie des milieux calcaires propices dans la province ont fait l’objet de recherches intensives dans le cadre de divers programmes, tels le projet des plantes rares de T. N. L. (Rare Plant Project) et les activités de l’équipe de rétablissement des espèces en péril des landes de calcaire. Néanmoins, il se peut que des populations n’aient pas encore été découvertes.  

La population qui se trouve à Terre-Neuve est probablement de petite taille. Dans les quatre emplacements inventoriés, on a compté environ 400 individus. Selon une estimation raisonnable, la population totale pourrait s’élever à environ 2 000 individus. 

Au Québec, il y a trois emplacements. Tous se trouvent en Gaspésie, et l’un d’eux regroupe plusieurs observations ponctuelles (Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec, 2008). On n’indique pas toutefois la taille de la population au Québec.

À T. N.-L., on ne connaît pas les tendances des populations, étant donné qu’aucun des emplacements connus n’a été surveillé. Au Québec, on a constaté que l’espèce subit un déclin (Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec, 2008). 
 
v. Menaces : La population de Port au Choix, à T. N.-L., se trouve dans un lieu historique national; cependant, l’utilisation illégale de véhicules tout-terrain (VTT) représente une certaine menace. Certaines parcelles se trouvent près des lignes de transport d’électricité et des sentiers de promenade. Tous les autres emplacements à T. N.-L. se trouvent dans des zones éloignées et difficiles d’accès. On ne sait rien sur les menaces subies par les populations québécoises. 

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : La zone d’occurrence incluant T. N.-L. et le Québec est d’environ 44 300 km2, et plus de 60 % de cette zone est constituée de plans d’eau. 

La superficie occupée par les populations n’a été mesurée qu’à cinq emplacements ponctuels et est inférieure à 11 300 m2. Une extrapolation pour les 19 emplacements ponctuels à T. N.-L. permet d’obtenir une zone d’occupation inférieure à 0,05 km2. À l’aide de grilles, on obtient un IZO pour T. N.-L. d’environ 24 km2 (grille de 2 km) ou de 9 km2 (grille de 1 km). 

vii. Facteurs biologiques limitatifs : L’espèce a des besoins assez précis en matière d’habitat, et les secteurs dégagés à sol calcaire ne constituent qu’une petite portion de l’île de Terre Neuve (moins de 2 %). [On ne peut rien dire sur l’abondance des landes de calcaire au Québec.]

Références :
Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. 2008. Les plantes vasculaires menacées ou vulnérables du Québec, 3e édition, gouvernement du Québec, ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Direction du patrimoine écologique et des parcs, Québec.

Poissons (d'eau douce)

Oncorhynchus mykiss **
Truite arc-en-ciel
AB†

La truite arc-en-ciel est un poisson anadrome, et résident en eau douce, qui fait partie de la famille des Salmonidés. L’unité désignable reconnue en Alberta de la truite arc-en-ciel n’occupe qu’une très petite partie de l’aire de répartition de l’espèce, à l’est de la ligne continentale de partage des eaux (la majeure partie de l’aire de répartition de l’espèce au Canada se trouve en C. B.).

i. Niveau taxinomique : Unité désignable (UD)
Les populations indigènes du Canada sont, en grande partie, limitées à la Colombie Britannique, à l’ouest de la ligne continentale de partage des eaux, mais une petite portion de l’aire de répartition se trouve à l’intérieur du réseau hydrographique de la rivière Athabasca, dans l’ouest de l’Alberta, et les truites arc-en-ciel qu’on y trouve constituent une unité désignable (UD) distincte dans la zone biogéographique nationale d’eau douce (ZBNED 13) de l’Arctique de l’Ouest – l’unité désignable ou les population, reconnues en Alberta. La reconnaissance d’une unité désignable en Alberta est une conséquence importante de la séparation naturelle de l’espèce (et de bien d’autres) par la ligne continentale de partage des eaux.

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada :
L’unité désignable reconnue en Alberta correspond à moins de 10 % de l’aire de répartition canadienne (qui elle-même représente environ 60 % de l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce) et est isolée de la majeure partie de l’aire de répartition, qui se trouve en C.-B., parce qu’elle est située sur le versant est de la ligne continentale de partage des eaux. L’unité désignable reconnue en Alberta se trouve dans un seul bassin hydrographique, la rivière Athabasca. La probabilité de l’effet d’une immigration de source externe, ou de dispersion, est nulle, pour l’unité désignable reconnue en Alberta, car les individus qui en font partie sont isolés par la ligne continentale de partage des eaux.

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale :
Les populations constituant l’unité désignable qu’on propose de reconnaître en Alberta ont fait l’objet d’un examen, le Alberta Wildlife Species Status Review (Rasmussen et Taylor, 2009), qui a été complété récemment. Selon le rapport de l’examen, plus de 50 % des populations indigènes constituant l’unité désignable reconnue en Alberta (122 populations en tout) sont considérées comme étant très vulnérables et probablement très susceptibles de continuer à subir un déclin. Un autre 27 % des populations est considéré comme étant moyennement vulnérable. Le gouvernement de l’Alberta a donc l’intention d’ajouter l’unité désignable reconnue en Alberta de la truite arc-en-ciel à la liste des espèces « menacées », en vertu de la Wildlife Act (Sustainable Resource Development, gouvernement de l’Alberta, 2010). La truite arc-en-ciel a une cote de conservation mondiale de G5 (en sécurité) et un statut national semblable au Canada et aux États Unis (N5, en sécurité), où on la retrouve également. Cependant, ces cotes mondiales et nationales ne reflètent pas avec exactitude la variation géographique du risque de disparition dictée par ce qui est probablement une structure d’unité désignable importante, l’élément le plus évident étant les unités désignables distinctes des versants est et ouest de la ligne continentale de partage des eaux.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes :
La tendance globale est une diminution des effectifs et de l’abondance de l’unité désignable reconnue en Alberta, tel que résumé par Rasmussen et Taylor (2009). Certaines populations de premier plan sont exploitées; on croit que des populations indigènes qui existaient auparavant dans le cours supérieur de la rivière Athabasca sont disparues, ou ont grandement été réduites.

v. Menaces :
La plus grande menace pour l’unité désignable reconnue en Alberta de la truite arc-en-ciel est la diminution de la qualité de l’habitat dans le bassin hydrographique de la rivière Athabasca à cause des importantes activités d’extraction des ressources, en place et en expansion (p. ex. l’exploitation des sables bitumineux et l’exploitation gazière et forestière) et de la construction routière connexe et des autres activités d’aménagement liées aux infrastructures. La pêche récréative excessive, l’introgression avec les poissons d’élevage non indigènes, les interactions négatives avec l’omble de fontaine introduite en Alberta et les changements climatiques (et leurs répercussions sur les débits d’eau de base) constituent aussi d’importants sujets de préoccupation (Rasmussen et Taylor, 2009). 

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie :   
L’indice de la zone d’occupation (IZO) pour l’unité désignable reconnue en Alberta, fondé sur une grille à mailles de 2 x 2 km, est de 1 332 km2, ce qui est une surestimation de la zone d’occupation réelle, telle que reconnue par l’UICN pour les animaux vivant dans des milieux linéaires (p. ex. un ruisseau).

vii. Facteurs biologiques limitatifs :
Les habitudes migratoires de l’espèce la rendent vulnérable aux menaces dans un grand nombre de milieux (p. ex. les déplacements entre affluents, lacs et cours d’eau). La philopatrie natale et le comportement migratoire rendent la truite arc en ciel vulnérable à la fragmentation des milieux essentiels due au captage des eaux, à la présence de barrières et aux changements des niveaux d’eau d’origine climatique. De plus, les qualités esthétiques de la truite arc-en-ciel la rendent vulnérable à la pression exercée par pêche récréative et l’ensemencement des poissons d’élevage. 

Références 

1. Alberta Government Sustainable Resource Development. 2010. La truite arc-en-ciel de l’Athabasca sera inscrite sur la liste des espèces menacées en vertu de la Wildlife Act. 

2. Rasmussen, J.B. et E.B. Taylor. 2009. Status of the Athabasca Rainbow Trout (Oncorhynchus mykiss) in Alberta, Alberta Government Sustainable Resource Development, Wildlife Status Report 66, Edmonton (Alberta), 32 p., disponible à l’adresse :  http://srd.alberta.ca/BioDiversityStewardship/SpeciesAtRisk/DetailedStatus/AmphibiansFishReptiles.aspx (en anglais seulement).

Reptiles

Terrapene carolina **
Tortue tabatière
ON

La tortue tabatière (Terrapene carolina) est une petite tortue ayant une carapace d’une longueur de 10 à 15 cm; surtout terrestre, on la retrouve dans une grande partie de l’est des États-Unis et dans le sud de l’Ontario. Elle a une durée de vie exceptionnellement longue dans la nature et peut atteindre plus de 100 ans. Dernièrement, on s’est entendu pour dire qu’il s’agit d’une espèce indigène de l’Ontario (Harding, 1997; Dodd, 2001; COSEPAC, 2002; Ernst et Lovich, 2009). L’espèce a été évaluée par le COSEPAC en 2002 et classée dans la catégorie DD (Data Deficient, données insuffisantes), parce que les données étaient insuffisantes pour pouvoir déterminer si les tortues tabatières trouvées récemment en Ontario étaient des individus qui subsistaient d’une population indigène ou si elles avaient été introduites (espèce disparue par opposition à en voie de disparition). On a signalé la présence de tortues tabatières à plusieurs emplacements dans les régions carolinienne et des Grands Lacs et du Saint-Laurent, en Ontario. Un grand nombre de ces mentions datent d’avant la colonisation, lorsque l’espèce semblait être assez répandue en Ontario (Adler, 1970; Froom, 1976; Johnson, 1989; Harding, 1997; Dodd, 2001; Ernst et Lovich, 2009). Depuis 1700, environ, l’espèce est disparue de certaines parties de l’Ontario, de l’État de New York, de la Pennsylvanie, de l’Ohio et du Michigan, particulièrement dans les zones adjacentes aux Grands Lacs (Dodd, 2001). Elle subit un déclin continu dans l’ensemble de son aire de répartition nord américaine (Harding, 1997; Ernst et Lovich, 2009). Même si la tortue tabatière est une tortue terrestre et que, si on l’aperçoit, elle est facile à identifier et à attraper, le nombre d’observations dans le sud de l’Ontario n’augmente que d’un ou deux par année. Les données historiques semblent indiquer que la tortue tabatière est indigène de l’Ontario et qu’elle a peut-être survécu pendant des siècles malgré qu’elle ait toujours été rare et peut-être limitée par des facteurs écologiques. Une situation semblable se produit au Vermont (DesMeules, 1997), au New Hampshire (Taylor, 1993) et dans le Maine (Todd, 2000). Bien qu’on ait déjà décrit ces États comme faisant partie de l’aire de répartition habituelle de l’espèce, on ne les retrouve désormais que dans des mentions éparses de quelques individus qui subsistent. Par conséquent, la situation de l’espèce doit être réévaluée, compte tenu du principe de précaution et de la forte possibilité que quelques populations soient encore présentes. 

i. Niveau taxinomique : La tortue tabatière est une espèce valide, et, dans son évaluation précédente de l’espèce (COSEPAC, 2002), le COSEPAC a convenu qu’il s’agissait d’un taxon valide indigène du Canada. On n’a trouvé aucune preuve de l’existence de plus d’une unité désignable (UD) pour la tortue tabatière au Canada. 

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : environ 1 %. Un élément clé de l’évaluation précédente du COSEPAC consistait à déterminer si l’espèce était ou non indigène du Canada ou si tous les spécimens observés récemment étaient en fait des tortues ayant été capturées puis relâchées et si tous les spécimens trouvés lors de fouilles archéologiques, plus précisément dans les dépotoirs autochtones, avaient été importés par les Autochtones qui se servaient souvent de la carapace à des fins décoratives ou comme monnaie d’échange. Par exemple, Bleakney (1956) soutient que l’espèce a été introduite par le commerce autochtone il y a environ 1 000 ans, parce que les tortues n’auraient pas pu traverser à la nage le lac Érié. Cet argument est faible cependant, étant donné que le T. carolina est une tortue d’étang et qu’un grand nombre de vertébrés non aquatiques (p. ex. les serpents) sont des espèces indigènes qui ont dû traverser les obstacles que représentaient alors les Grands Lacs. 

iii. Statut de conservation actuel à l’échelle mondiale : CLASSEMENT MONDIAL : G5 (dernier examen en 2004); CLASSEMENT NATIONAL : N?; COSEPAC : DD (Data Deficient, données insuffisantes); CLASSEMENT SELON LE MRN : DD (Data Deficient, données insuffisantes); CLASSEMENT SUBNATIONAL : SU (unrankable, non classable); Statut général en Ontario : Exotique. Le fait qu’on continue de désigner cette espèce comme exotique va à l’encontre des preuves et des arguments décrits dans les références mentionnées plus haut selon lesquelles la tortue tabatière est, ou était, une tortue indigène du Canada établie depuis longtemps.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : La tortue tabatière continue d’être observée dans la nature, dans des sites du sud-ouest de l’Ontario (comtés de Norfolk et de Brant et dans le parc provincial Rondeau) (Froom, 1976; Johnson, 1989; S. Gillingwater [comm. pers., courriel, 2009]). Cependant, la population actuelle étant très petite et la plupart des individus étant probablement des tortues ayant été capturées puis relâchées, il est possible que la population indigène soit disparue (Adler, 1970; Dodd, 2001). Si l’espèce existe encore (Harding, 1997), elle ne sera probablement pas viable à moins d’effectuer des activités de rétablissement.

v. Menaces : Cette espèce à maturation tardive et à grande longévité, qu’on rencontre en Ontario, est très menacée en raison de son cycle vital, de sa présence aux limites de son aire de répartition, de ses populations petites et fragmentées, de la perte massive de son habitat (forêts des terres basses, champs abandonnés, écotones de prairie et écotones boisés) et de sa popularité comme animal de compagnie. Parce qu’elle est principalement terrestre, la tortue tabatière peut facilement être capturée par les humains, comme c’est le cas pour la tortue des bois (Glyptemys insculpta) (COSEPAC, 2007). Aux États Unis, les routes constituent une grande menace pour la tortue tabatière (mortalité élevée sur les routes) (Harding, 1997; Dodd, 2001; Ernst et Lovich, 2009). Les Autochtones d’Amérique et les colons européens ont créé une mosaïque de clairières à l’époque coloniale (Doroff et Keith, 1990; Todd, 2000). Les répercussions de la transformation des forêts de milieu sec en des fermes, qui se faisait couramment au XIXe siècle, demeurent inconnues. La tortue tabatière vit principalement dans les prairies, mais évite les terres agricoles. Les modèles semblent indiquer que des taux de mortalité annuels chez les adultes supérieurs à 5 % causent des déclins des populations à long terme (Doroff et Keith, 1990).

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : Zone d’occupation très petite; l’espèce est peut-être disparue. 

vii. Facteurs biologiques limitatifs : L’espèce parvient tardivement à maturité, à l’âge d’environ 20 ans, dans le nord-est des États-Unis (Klemens, 1993). Elle montre un faible effort de reproduction annuel; les femelles ne se reproduisant que tous les deux ans, et leurs couvées comptant environ cinq œufs (Dodd, 2001; Ernst et Lovich, 2009). De plus, la reproduction est probablement limitée aussi par les étés frais et les hivers froids du Canada. La tortue tabatière hiverne dans des terriers creusés dans la terre et tolèrent le gel jusqu’à au moins -3,6 °C (Storey et al., 1993; Ernst et Lovich, 2009). Gillingwater (comm. pers., 2009) a fait hiberner, avec succès, des tortues tabatières à 2–5 °C pour une période pouvant atteindre six mois, au cours de l’hiver 2008 2009, et les tortues n’ont perdu que peu de poids, voire n’en ont pas perdu du tout.  

Références

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DesMeules, M.P. 1997. Historic and current status of turtles in Vermont, in T.F. Tyning (dir. de publ.), Status and conservation of turtles of the northeastern United States, Serpent’s Tale, Lanesboro (Minnesota), p. 1-2.
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Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, L.O. 2007, chapitre 6, annexe 1, Transition — espèces désignées comme espèces menacées d’extinction dans le règlement 328 des règlements refondus de l’Ontario de 1990, (alinéa 7(7)a)).
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