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Lignes directrices pour reconnaître les unités désignablesApprouvées par le COSEPAC en novembre 2009Préambule :On reconnaît généralement que les évaluations de situation et la conservation de la diversité biologique exigent la considération, le cas échéant, des unités inférieures à l'espèce (en utilisant « espèce » au sens accepté de la hiérarchie taxinomique). La Loi sur les espèces en péril inclut « les sous-espèces, les variétés et les populations géographiquement ou génétiquement distinctes » dans sa définition des espèces sauvages. Cette définition reconnaît que la conservation de la diversité biologique passe par la protection des entités taxinomiques inférieures à l'espèce (c.-à-d. unités désignables ou UD) et donne au COSEPAC le mandat de les évaluer lorsqu'il est justifié de le faire. Approche pour l'évaluation de situation des UD :Le COSEPAC peut évaluer des UD lorsqu'on estime qu’une seule désignation de statut n'est pas représentative de la probabilité de disparition de l’espèce. Les unités désignables doivent être distinctes et importantes dans l'évolution taxinomique d'une espèce. Par « important », on entend une unité qui est significative pour l'héritage évolutif d'une espèce et dont la perte ne pourrait probablement pas être compensée par une dispersion naturelle. Voici des lignes directrices pour la détermination des unités désignables en vue d'une évaluation de situation par le COSEPAC. Ces lignes directrices sont davantage des points de repère que des critères stricts. Lignes directrices pour l'identification des UD :1) Sous-espèces ou variétés : Une unité peut être reconnue comme une UD si elle représente une sous-espèce nommée ou une variété identifiée en vertu des lignes directrices du COSEPAC pour nommer les sous-espèces et les variétés. Le COSEPAC peut décider de ne pas reconnaître comme UD une sous-espèce ou une variété nommée si les données scientifiques actuelles ne le justifient pas. 2) Populations distinctes et importantes dans l'évolution : Une population ou un groupe de populations peuvent être reconnues comme une UD si elles sont considérées comme « distinctes » et « importantes » dans l’évolution par rapport aux autres populations. Pour déterminer une UD, il faut en premier lieu se demander si la population ou le groupe de populations sont distincts par rapport aux autres populations. Caractère distinct Une population ou un groupe de populations peuvent être considérées distinctes selon un ou plusieurs des facteurs suivants : 1. Preuves de la distinction génétique, comme, sans toutefois s’y limiter, des traits hérités (p. ex. morphologie, cycle vital, comportement) et/ou des marqueurs génétiques neutres (p. ex. alloenzymes, microsatellites d'ADN, polymorphismes de restriction [RFLP] de l'ADN, séquences d'ADN). 2. Disjonction naturelle entre des portions importantes de l'aire de répartition d'une espèce ayant grandement limité les mouvements des individus entre les régions pendant une période prolongée, rendant les mouvements peu probables dans un avenir proche et favorisant les adaptations locales. 3. Occupation de différentes régions écogéographiques qui sont pertinentes pour l'espèce et qui reflètent une différence historique ou génétique, qui peut être décrite sur une carte appropriée d'écozones ou de zones biogéographiques (figures 1 à 3). Il y peut y avoir une certaine dispersion entre les régions, mais elle n'est pas suffisante pour empêcher les adaptations locales. Caractère important Si une population ou un groupe de populations sont considérées distinctes selon un ou plusieurs des critères mentionnés ci-dessus, leur importance peut ensuite être évaluée. Une population peut être considérée importante selon un ou plusieurs des critères ci-dessous, sans toutefois s'y limiter, chacun pouvant être perçu comme une mesure de l'importance pour l'évolution : 1. Preuves que la population ou le groupe de populations distinctes diffèrent de façon marquée des autres en raison de caractéristiques génétiques témoignant d'une divergence phylogénétique intraspécifique relativement grande. De telles divergences se manifestent généralement par des différences génétiques qualitatives sur des marqueurs évoluant relativement lentement (p. ex. différences fixes dans les séquences d'ADN mitochondrial ou nucléaire, ou différences fixes dans les allèles de locus nucléaires multiples). Les différences quantitatives (fréquence) des allèles communs, surtout pour les marqueurs évoluant rapidement, comme les microsatellites, ne sont généralement pas suffisantes pour satisfaire à ce critère. 2. Persistance d'une population ou d'un groupe de populations distinctes dans un contexte écologique inhabituel ou unique à l'espèce ayant donné lieu à des adaptations locales connues ou probables. 3. Preuves que la population ou le groupe de populations distinctes représentent la seule occurrence survivante naturelle d'une espèce qui est plus abondante ailleurs sous la forme d'une population introduite à l'extérieur de son aire de répartition historique. 4. Preuves que la perte d'une population ou d'un groupe de populations distinctes créerait un énorme trou dans l'aire de répartition de l'espèce au Canada. Il est important de prendre conscience que certains critères témoignent davantage du caractère « distinct » ou « important » que d'autres. Ainsi, au moment de désigner une UD, il est important de présenter les meilleures preuves possibles pour tous les critères satisfaits. Fig. 1. Aires écologiques nationales du COSEPAC Fig. 2. Zones biogéographiques nationales d’eau douce du COSEPAC Fig. 3. Provinces fauniques des amphibiens et des reptiles terrestres du COSEPAC. |
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